« La confiance, la participation et la responsabilité collective donneront au processus électoral toute sa légitimité »
Les déclarations « scandaleuses » de Gypsianne Aguéré (cadre à l’ANE) sur les antennes de Ndéké Luka n’ont pas manqué de provoquer le tollé et la colère de bon nombre d’électeurs ; en affirmant que « ce n’est pas une obligation légale pour l’ANE d’afficher la liste définitive », elle s’est attirée de foudres depuis 48 heures sur les réseaux sociaux ; des affirmations étonnantes, naturellement vite dénoncées par la classe politique. Cette (mauvaise) sortie de route vient d’être corrigée par une autre, celle de la voix la plus autorisée. Mathias Barthélemy Morouba, l’espace d’une journée d’informations organisée par le Cadre de Concertation pour les élections, confirme la « volonté commune de bâtir, ensemble, un processus électoral inclusif, crédible et apaisé. » Le patron s’est empressé d’avouer sans détour que la volonté de partager de manière « claire et transparente l’état d’avancement des opérations est en cours » Quant aux préoccupations légitimes des parties prenantes et les observations pertinentes, il ne cherche pas midi à 14 heures : « au-delà des textes et des procédures, ce sont la confiance, la participation et la responsabilité collective qui donneront au processus électoral toute sa légitimité. » Des listes électorales et des formulaires de déclaration de candidature sont désormais disponibles, malgré quelques couacs observés ici et là.
Des défis persistants et les réponses adéquates
Le décret convoquant le corps électoral, signé hier (29 septembre) par le Président de la République vient confirmer la tenue des élections, prévues pour le 28 décembre ; mais l’ANE est confrontée à de nombreux défis et non les moindres : sécurité et finance. Personne ne saurait ignorer ces défis jalonnant son chemin ; Mathias Barthélemy Morouba montre à qui veut savoir qu’il n’est pas le dernier à le reconnaitre ; « l’environnement sécuritaire demeure fragile dans certaines préfectures, ce qui menace la libre circulation des biens, des personnes et du matériel électoral. L’ANE, consciente de ces réalités, collabore étroitement avec les forces nationales de défense et de sécurité ainsi que la MINUSCA afin d’assurer la sécurisation des opérations électorales. » L’organisation d’élection nécessite déjà de gros moyens financiers, ces moyens deviennent énormes lorsqu’il s’agit de plusieurs comme ces élections groupées qu’attend le pays. Cela n’enlève en rien sa motivation : « nous saluons le soutien constant de l’État centrafricain, qui ne ménage aucun effort pour honorer ses engagements, ainsi que celui de nos partenaires techniques et financiers, dont l’appui multiforme demeure décisif. Toutefois, il est impératif de renforcer la mobilisation des ressources internes pour asseoir la souveraineté de notre processus électoral. »
Le climat de confiance entourant ces élections est à la méfiance du côté de l’opposition dite radicale ; mais le n°1 des élections du pays tente de rassurer « l’ANE s’emploie à renforcer la transparence à toutes les étapes, depuis l’inscription des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats provisoires. »
Par Gilbert G. Mbakop
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