Certains ont cru à un « bras de fer » entre les deux juridictions autour d’un cas de graves crimes relevant de leurs compétences respectives, à tort
Les conditions de détention dans une prison à La Haye et dans les prisons centrafricaines, c’est comme le jour et la nuit. Les images du procès d’Alfred Yekatom et de Patrice Ngaïssona (constamment joyeux et mise bien soignée dans leurs beaux et multiples costumes) ; et véhiculées par des réseaux sociaux ont fait de nombreux jaloux : Edmond Beina en est un, de sa cellule en prison à Bangui, il multipliait des prières pour que la CPI sollicite son transfert à La Haye. C’est non : la CPI se dessaisit naturellement de cette affaire, laissant le soin à la CPS (les deux juridictions se complètent) de s’en occuper, cette dernière étant plus proche des victimes et des témoins. Ajouter au fait que l’Etat centrafricain qui veut en finir avec l’impunité, s’est donné les moyens et la volonté de juger tous les bourreaux du peuple, surtout ceux-la qui ont commis de graves fautes à partir de 2003.
Edmond Beina est un ancien chef rebelle centrafricain que la justice a déjà mis la main sur lui depuis deux ans; il est suspecté d’avoir, entre au moins 1er février et début 2014 dans un village (Guen), commis de crimes contre l’humanité, notamment de meurtre et tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique, viol et tentative de viol, persécution ; et de crimes de guerre, notamment de meurtre et tentative de meurtre, attaques intentionnelles contre la population civile, pillage, viol et tentative de viol, déplacement de la population civile, et destruction de biens de l’ennemi. Les mêmes motifs qui ont abouti à la condamnation d’Alfred Yekatom et Patrice Ngaïssona, sauf que ces derniers ont eu la chance d’être transférés à La Haye et lui croupissant dans une prison en Centrafrique où les conditions de détention ne pas comparables.
« En regardant le procès à La Haye, certains prisonniers seraient prêts à payer ou accepter 20 ans de prison là-bas que de croupir deux ans dans une prison à Bangui. » témoigne un journaliste qui y a passé des mois d’incarcération.
Récit : Gilbert G. Mbakop
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