Il est temps de changer de vocabulaire pour lui redonner une nouvelle santé en termes de « Peuple d’en bas » et rien d’autres
Le constat vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : Denis Sassou Nguesso, président du Congo est d’abord un général de l’armée ; il est donc mieux placé que quiconque pour vanter des vertus de la paix; une paix trouvant tout son sens dans la bonne gouvernance et la justice équitable. Le nouveau président en exercice de la CEMAC reconnaissait, au détour d’une prise de parole, qu’une Centrafrique en paix c’est toute la sous-région qui profite des vertus de cette paix. C’est à la faveur de cette dernière que vient de se tenir le 16eme Sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
C’est le 16 mars 1994 dans la capitale tchadienne que cet espace politique qui entend, entre autres, favoriser la libre circulation des biens et des personnes a vu le jour. 29 ans après, la circulation des personnes est acceptable mais se fait avec de nombreuses tracasseries routières ; un Centrafricain parti de Beloko pour Douala peut facilement dépenser environ 20 mille aux différents postes de contrôle de police. Pareil pour un Camerounais qui arrive à Bangui par route. C’est aussi valable pour les voyageurs non nationaux dans les autres pays membres ; et bien sûr c’est le bas peuple qui est touché dans son porte-monnaie pendant que les dirigeants voyagent par voie aérienne.
La mauvaise gouvernance crée la xénophobie au sein des peuples
La CEMAC n’a jamais été citée comme un havre de bonne gouvernance ; plutôt connue comme étant le refuge des autocrates enrichis, aux méthodes tribales et népotiques sans aucune vision. Au Gabon, le système en place est conçu tel que le moindre effort n’est pas enseigné, les sales (petits) métiers mais payant sont pour des étrangers (Camerounais en tête) et quand arrive la crise avec la diminution de la production du pétrole, on constate que toute l’économie se trouve entre les mains étrangères ; c’est le même système en Guinée équatoriale. Conséquence : la xénophobie atteint un seuil inquiétant à Libreville et à Malabo où des Camerounais sont regardés comme responsables n°1 de tous les maux dont souffrent ces pays ; pourtant c’est la mauvaise gouvernance qui y a produit la misère. En dirigeant leur colère vers ces Camerounais et autres ressortissants de la CEMAC, les Gabonais se trompent de cible ; ils oublient que c’est bel et bien la mauvaise gestion de la chose publique qui est la cause de leur souffrance, tout comme dans les autres pays de la CEMAC.
Tout le ridicule se trouve sur le regard épuisé de cet enfant de la rue, habillé par des profiteurs du RDPC de la RCA, parti politique au pouvoir au Cameroun, le temps du Sommet de la CEMAC; le petit semble-t-il n’a pas reçu son pain/sardine, le pourquoi il n’est pas content. Voila des gens que le bon sens a quitté; comme frappés de malédiction, ces esprits étranges et captifs savent rien faire que de festoyer comme des marionnettes adorant un système basé sur la tricherie, l’avenir de leur pays ne les préoccupe guère; pourvu qu’ils mangent leur célèbre pain sardine et dans l’alcool. Ils ont retenu cet enfant innocent une journée durant pour les aider à chanter les louanges d’un dictateur qui n’était même pas présent; le faisant, ils ne se cachent même pas pour soutenir un roi fainéant de 93 ans qui a lamentablement échoué depuis 43 ans au pouvoir; en provoquant un violent conflit armé dans une partie du Cameroun (dite anglophone); et on s’étonne que des Camerounais fuient en masse leur pays pour aller se débrouiller ailleurs, d’où leurs petits métiers au Gabon, Guinée équatoriale, RCA, Congo et Tchad.
Le nationalisme ombrageux de certains gouvernements des pays membres plombe les objectifs de la CEMAC. Ce n’est pas le maintien de la carte de séjour qui viendrait résoudre ce problème de chômage et de misère. Déjà que parler de carte de séjour dans une « Communauté de destin, l’Espoir des Peuples de l’Afrique centrale » est une incongruité. Par respect pour ces « Peuples », changeons de vocabulaire car tous les peuples de ces six pays paient déjà au prix fort l’échec de la mauvaise gouvernance de nos dirigeants; après avoir trop subit les conséquences de la colonisation qui les a injustement séparés.
Gilbert G. Mbakop, éditorialiste
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