Le retour des militaires français en Centrafrique serait-il non seulement une incongruité mais la pire erreur du régime Touadéra ?

Blaise Didacien Kossimatchi : « Nous suivons minutieusement tout ce qui se passe ; nous connaissons la roublardise de certains hommes politiques français anachroniques, à la tête de certains réseaux douteux… »

Dans son discours à la Résidence de France à l’occasion de la fête de son pays en présence du Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra, l’Ambassadeur de France, Bruno Foucher, est revenu largement sur les projets concrets de la fameuse « Feuille de route » censée rapprocher les deux pays entre temps en brouille. La coopération sécuritaire (gendarmerie, police, armée) y occupe une place dans la mesure où le général Pascal Ianni, commandant de l’Armée française pour l’Afrique a posé ses pieds à Bangui (10 juillet) pour parler de « partenariat » en matière de formation. Dans la foulée le Lieutenant-colonel Emmanuel Alard s’installe comme nouveau Conseiller militaire à l’Ambassade de France, en provenance de l’Afrique de l’Ouest où l’armée française s’est vue priée de plier bagages. L’activiste Blaise Didacien Kossimatchi, n’y voit que du rouge vif : « nous suivons minutieusement tout ce qui se passe ; nous connaissons la roublardise de certains hommes politiques français anachroniques à la tête de certains réseaux douteux… » et de poursuivre avec étonnement « l’Union Européenne à travers cette France, forme nos FACA en leur donnant que de pilons en lieu et place des armes. »

Survolons quelques vérités choquantes marquant la présence militaire française avant l’arrivée des soldats de Poutine en Centrafrique ; une arrivée qui a mis fin au grand désordre probablement entretenu :

1ere vérité : une importante base militaire française était installée à Bouar ; celle-ci contrôlait secrètement tout le pays jusqu’à une partie du Cameroun voisin ;

2eme vérité : noyauté par des services secrets, Le Camp De Roux était un centre d’écoute de toutes les conversations qui se tenaient au Palais de la Renaissance non loin, selon un officier centrafricain à la retraite ;

3eme vérité : les coups d’Etat (tous venus quasiment de l’extérieur) étaient tacitement programmés tous les dix ans en Centrafrique, pourtant liée par des accords de défense à la France. Considérez seulement comment les Séléka sont entrés dans la capitale au nez et à la barbe de Sangaris, « complice » de par sa passivité évidente. Quand on considère tout ceci, on serait tenté de dire que notre problème c’est quand la France s’approche de l’appareil sécuritaire du pays.

Entre temps les Russes sont arrivés et tout a totalement changé : les groupes armés organisés, s’ils ne sont pas complètement anéantis, font profil bas. Accepter le retour des militaires français en RCA, même dans le cadre de soi-disant formation (qui ne saurait être gratuite d’ailleurs), c’est ignorer cette guerre en Ukraine qui a si bien installé l’inimitié entre Paris et Kremlin. Autant fermer un chien et un chat dans la même cage, d’où notre question qui fâche aux autorités : La RCA est déjà un champ de bataille pour tous les services de renseignements des grandes puissances (et même le Rwanda aussi), comment allez-vous réunir des militaires Français et Russes sur un même sol sans graves conséquences ? Pour la formation de nos FACA, ce que les Russes et les Rwandais font est déjà largement suffisant, trouvons un autre domaine de formation à confier à nos amis français qui nous connaissent mille fois mieux que quiconque. Ils connaissent bien nos besoins prioritaires, lesquelles se reposent absolument sur l’éducation par-dessus tout.

Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (Tél : 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)

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