C’est de l’actualité brulante que nous vient le sujet de notre rubrique « La question qui fâche, la réponse qui vaille »
Nous cherchons à savoir ce que le Groupe Agence française de développement (AFD) a réellement apporté en Centrafrique en 84 ans de présence, faux fuyants (« aide », ce trompe-œil) mis à part
Le Groupe Agence française de développement (AFD) dit « financer et accélérer les transitions pour un monde plus juste, sûr et résilient, en s’engageant pour les populations avec ses partenaires, partout dans le monde » joli programme, de prime abord. Une de ses délégations officielles séjourne à Bangui depuis 23 juin ; et les membres de cette délégation ont été reçus en grande pompe par la Primature… et des gens se sont bien bousculés pour la photo de famille. Ça fait exactement 84 ans que l’AFD est en Centrafrique, autrement dit avant même l’indépendance ; c’est dont une vielle boite et certaines langues disent même qu’elle est déjà rouillée, à juste titre. Sans faux fuyants, deux tableaux nous intéressent ici : le côté cour et le côté jardin de ce groupe qui est loin de faire dans la philanthropie pour ceux qui pensent naïvement que des Centrafricains ont les beaux yeux de la terre.
Donner 10 par la main droite et récupérer 1000 par la main gauche
1) L’Institut Pasteur de Bangui (IPB), ce vaste bâtiment dans un vaste domaine qui garde toujours sa silhouette coloniale est présenté religieusement comme un établissement « consultatif du ministère de la Santé ». Ok. Combien de pauvres centrafricains ont bénéficié de service gratuit de la même nature que les services sociaux (volet santé) existants en France ? Aucun service n’y est gratuit et les tarifs exorbitants, hors de portée pour la grande majorité de la population. Pire, dans l’imaginaire populaire, les examens de laboratoire effectués là-bas font « autorité » aux yeux des médecins centrafricains, lesquels ont vite fait de dénigrer le travail des laboratoires nationaux tenus par des centrafricains. Le ministère de la Santé n’est pas le dernier à savoir que cela obéit à un vieux mot d’ordre datant depuis 1941 ; qui voudrait que la mère patrie doit s’enrichir au maximum tout en offrant de temps en temps des broutilles au pays pour le calmer.
2) Philippe Orliange, chef de la délégation nous rappelle que l’AFD a mis 3,4 Milliards de FCFA sur la table « pour soutenir la réhabilitation d’urgence des installations centrales hydro électriques de Boali 1 et Boali 2, afin de sécuriser la fourniture d’électricité abordable et bas-carbone à la population » Là-aussi, les entreprises sous-traitantes les plus importantes ont des intérêts majoritairement français ; et tout serait mis en œuvre pour maintenir le statu quo car trouver une solution définitive quant à l’électricité 24/24 en RCA serait un manque à gagner. Il faut donc saupoudrer, tout le temps.
Ce que la Primature et les membres de la délégation de l’AFD avec à leurs côtes l’ambassadeur Bruno Fournier nous ont offert cette semaine n’est pas bon: quel est donc ce médecin traitant (France) qui est si fier de voir son grand malade (Centrafrique) maintenu en vie, sous perfusion alors qu’un médicament efficace existe ? Et ce médicament c’est apprendre aux centrafricains à pêcher, ça fait 65 ans que cela dur.
Pour la rédaction, Gilbert G. Mbakop, NB : cet article d’opinion peut aussi figurer dans la rubrique « édito » (photo : ambassade de France)
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