Après Evariste Ngamana en 2021, le MCU, « miné par des divisions internes et la rancune tenace », offrirait sur un plateau en or l’occasion à Firmin Ngrebada de régner sur la prochaine législature

De deux choses l’une : soit le MCU est ce laboratoire de la démocratie soit c’est ce lieu de rencontre de la dictature rancunière ; dans ce cas c’est une maison qui ne tiendra pas debout longtemps

« Réconcilier les populations et garantir l’unité nationale… » cette promesse fait partie de des engagements du candidat indépendant Faustin Archange Touadéra lors de la présidentielle de 2015. Après sa brillante élection, une nouvelle famille politique dénommée Mouvement Cœurs unis (MCU)… est créée dans la foulée pour le soutenir. Cinq ans plus tard, arrive la présidentielle de 2021, cette formation politique se vante de « rassembler tous les Centrafricains, d’obédience centriste, démocrate et laïc » ; le Chef de l’Etat trône à sa tête ; et Simplice Sarandji, son ami d’une trentaine d’années, d’occuper le Secrétariat général. Les problèmes d’ego surdimensionné ne tardent pas à surgir rapidement. Lors des législatives de la même année, certains militants sont sans voix en constatant le « bannissement » d’Evariste Ngamana de la liste des candidats MCU, pourtant très populaire dans son fief à Carnot. Pour clouer le bec à ses détracteurs qui l’ont chassé comme un mal propre de la liste, ce dernier se présente comme « candidat indépendant » et se fait élire aisément, sans rien forcer, sans mouiller le maillot car populaire et aimé par la population. Sa revanche par la suite est foudroyante : il marche sur ses adversaires et arrache haut la main la Vice-présidence du Parlement centrafricain et surtout la présidence du Parlement de la CEMAC. Difficile de faire mieux : ses adversaires se montrent petits, se taisent quand il passe. Le cas Henri Marie Dondra illustre encore mieux le climat « malsain » qui prélaverait au sein de ce parti : l’un des cadres fondateurs et tout puissant militant en termes de poids financier se dit « victime de l’intolérance des incompétents » ; Il quitte amèrement et le MCU et le gouvernement pour créer sa propre formation politique (UNIR). « Le sectarisme et la rancune seraient les choses les mieux partagées dans la maison MCU. » lance un militant qui a suivi ce dernier dans sa démission.

Après Carnot 2021, voici Boali 2025

Ce que certains ont qualifié de « manigance politico politicienne » en 2021 à Carnot se reproduit à Boali en 2025, au détriment, cette fois-ci, de Firmin Ngrebada député sortant, pourtant très populaire dans le coin. Les militants voudraient savoir quel est ce reproche que l’ancien Premier ministre a envers le Secrétaire de la Sous fédération de Boali ? C’est bien ce dernier (mandaté par le parti) l’organisateur du processus d’identification des candidats MCU aux municipales et législatives 2025 dans cette localité où un certain Davy Bounginza, va porter les couleurs du MCU aux prochaines élections locales avec le risque de se faire laminer, balayer par le « syndrome Ngamana 2021 » : Firmin Ngrebada aurait d’énormes atouts pour faire à Boali ce que Evariste Ngamana fit à Carnot en 2021.

Laboratoire de la démocratie ou maison de la dictature rancunière ?

Les hostilités ont déjà commencé : « Pour moi, c’est un non évènement (ces primaires du MCU chez lui à Boali) » ; Ngrebada dénonce ainsi la « partialité » du Bureau à l’organisation du processus d’identification des candidats MCU mis en place : « Ce sont les populations qui élisent et non des structures du parti et des manœuvres politiciennes » clame-t-il. C’est chaud devant : le MCU va devoir se battre sur plusieurs tableaux : la dissension interne et la pression des adversaires des formations politiques de l’opposition dans au moins deux localités puisque le député sortant Brice Kevin Kakpayen de Mbaïki 1 vit la même situation. De deux choses, l’une : soit le MCU est ce laboratoire de la démocratie dont il s’en vante à travers ses Statuts ; lesquels confirment des assises politiques du parti par la « conquête des suffrages selon les choix du peuple dépositaire de la souveraineté nationale » soit c’est un parti où règne la dictature. Dans ce cas c’est une maison divisée; et une maison divisée ne tient pas longtemps debout.

Par Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (courriel : mbakopgilbert20@gmail.com / Tel : 72065012 et 75546494)

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