Ça bouge très fort du côté de la Cour pénale spéciale : rendez-vous le 19 juin pour le verdict du jugement des suspects de crimes de guerre… à Ndélé en 2020

Après « Ndélé 1 », « Ndéle 2 » vient mettre un terme à des procès qui se veulent « pédagogiques » : débats houleux des parties prenantes, réquisitoire sans pitié du parquet et répliques des avocats de la Défense… en attendant le verdict

 Vendredi 09 mai, 15 heures 30, le juge président Aimé Pascal Delimo actionne la cloche pour mettre un terme aux débats de la journée concernant l’affaire dite « Ndélé 2 » à la Cour pénale spéciale tout en remerciant tous les acteurs. Rendez-vous le 19 juin pour le verdict final pour les accusés et des victimes particulièrement. Dans cette affaire, le Procureur spécial était en face de trois accusés (Oumar Serge Abdoulaye Assan, Abdramane Seleman alias Ada, Hassane alias Hassan alias Assane Adam, Amat Younouss alias Mahamat Encadreur), sont jugés en présentiel ; alors que les Haroun Guei alias Aroun Guei alias Haroun Gaye, Abakar Balamane et Zakaria Mahamat alias Zoulou étaient dans la nature, jugés par contumace. Il ressort des débats qu’aucun des accusés « ne présente d’antécédents judiciaires ni de troubles mentaux au moment des faits.»

Le parquet met la barre très haute

Pendant une semaine le public et les auditeurs de Guira FM (Minusca) ont eu droit au réquisitoire du Parquet et les plaidoiries des parties civiles et de la Défense. Lors de son réquisitoire le Parquet spécial a démontré la responsabilité directe des accusés pour « avoir ordonné les crimes, et aussi leur responsabilité hiérarchique pour ne pas les avoir empêchés ou réprimés. » Pour l’accusateur « les chefs du FPRC Roungas présents dans la ville de Ndélé exerçaient un contrôle effectif sur leurs troupes et n’ont pris aucune mesure pour empêcher ou punir les crimes sus-évoqués. » La partie civile, représentée par Maîtres Albert Panda et Yvon Makpevo reprennent la balle au bond pour enfoncer le clou en contestant les exceptions relatives à la compétence de la juridiction ; ainsi que les griefs liés à l’absence d’un avocat ou d’un interprète qu’avait évoqués la défense lors de sa plaidoirie de la veille.

« Scandalisée », la Défense sort de ses gonds

 Me Edgar Simplice Ngama, croit décrocher un élément important à verser au dossier pour « sa prise en compte » en brandissant un acte de naissance de son client, Oumar Serge Abdoulaye Assan « né le 15 juillet 2004 »,autrement dit « mineur au moment des faits » et de Me Sarrassengué, avocat d’Abdramane Seleman ; pour lui ce dernier, son client doit être acquitté, puisqu’il « n’avait pas participé aux attaques » du 6 mars 2020. Quant à Me Claude Ngaisset Pessinam, il joue la carte de la « fausse identité » à fond et la contestation de la fiabilité de l’enquête ainsi que celle des témoignages. Pour ce dernier, son client s’appelle bel et bien Issene Amat Abakar et non Amat Younouss/Encadreur.

Le parquet reste droit dans ses bottes

Même étant absents dans le box, les quatre derniers accusés ont reçu de nouveau les flèches du parquet dans sa réplique, qui les désigne comme « les principaux instigateurs des troubles, et leur responsabilité pénale expressément invoquée »

L’accusé Abdramene Seleman, alias Ada n’a pas aidé son avocat (Me Sarrassengué) en affichant tout le long du procès une attitude désinvolte « je-n’ai-rien-fait », lancé à l’emporte-pièce plus d’une trentaine de fois pendant toute sa prise de parole.

Pour boucler cette affaire dite « Ndélé 2 » qui n’est que le prolongement de « Ndélé 1 » (toujours jugée par la CPS) avec des acteurs différents, les trois accusés ont reçu la parole du juge président, respectant ainsi le principe qui voudrait que les accusés prennent la parole en dernière position. Le verdict est prévu pour le 19 juin 2025 et le public sera situé quant aux sorts réservés aux accusés ; pour le parquet spécial, c’est 10, 20 ans et prison et réclusion à vie ; une condamnation « pédagogique »… comme pour la 1ère manche (« Ndélé 1 ») de cette affaire aux contours ethno-politiques.

Acteurs-clé du procès

I) Accusés (photo), jugés en présentiel (Impressions à chaud et devant la barre)

1) Oumar Serge Abdoulaye Assan (dossard n°0033 C) : « Je n’ai rien à dire » le tout en 4 secondes

2) Amat Younouss alias Mahamat Encadreur, (dossard n°0049 N): « Je remercie la Cour de m’avoir invité pour la manifestation de la vérité »

3) Abdramane Seleman, alias Ada (dossard n° 0039 C) : « Merci monsieur le président, je fais confiance à votre Cour qui est une grande juridiction »

II) La Cour

Présidence : Aimé-Pascal Delimo (juge président), assisté des juges Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena

Greffe : Marie-Madeleine Touakouzou et Florentin Darré.

Parquet spécial : représenté par le procureur Alain Ouaby-Békai, le substitut Alain Tolmo…

Avocats de la Défense : Maîtres Sarrassengue (accusé Abdramane Seleman alias Ada),

Claude Ngaisset Pessinam (accusé Amat Younouss alias Mahamat/Encadreur et Guy Antoine Dangavo (accusés absents)

Avocats de la partie civile : Maîtres Albert Panda et Yvon Makpevo

Compte rendu : Gilbert G. Mbakop (source et photos CPS)

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