Echos de la CPS : arrestation de Mohamed Ali Fadoul, l’un des suspects de la mort de l’Abbé Emile Nzalé, assassiné le 28 mai 2014 ; et grande attente du réquisitoire du parquet dans l’affaire dite « Ndélé 2 »

I) Onze années après l’assassinat de l’abbé Emile Nzalé, le suspect N°1 est enfin aux arrêts

Tout était parti d’une attaque armée contre l’Eglise Catholique Notre Dame de Fatima située dans le 3ème arrondissement de Bangui perpétré  le 28 mai 2014 par un groupe « d’auto-défense » au KM5 ; Et dans cette attaque barbare, un prélat y laissa sa vie, tué froidement. Près de onze années après cette barbarie, huit des suspects avaient été déjà arrêtés et sont sous le verrou, inculpées par le cabinet d’instruction, sauf le suspect N°1 ; il s’agit de: Adamou Yalo alias Adamou Jésus, Hadiatou Gary, Abdel Kader Ali alias Américain, Youssouf Amat Youssouf, Amat Kalit alias Kaleb, Mahamat Abdoulaye alias Issa Mbongué, Ahamat Tidjani et Abakar Zakaria Hamid alias SG.

Depuis 20 mars, des officiers de police judiciaire, en vertu d’un mandat d’arrêt des juges d’instruction de la CPS du 4 mars 2025, ont mis la main sur le dernier suspect, Mohamed Ali Fadoul; il est déjà passé (le lendemain) devant les juges d’instruction de la CPS qui ont procédé à sa première comparution. inculpé de crimes contre l’humanité par meurtre, extermination, persécution, disparition forcée de personnes, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international et autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale et de crimes de guerre par meurtre, atteintes à la santé et au bien-être physique ou mental des personnes de même que les traitements cruels tels que la torture, les mutilations ou toutes formes de peines corporelles, attaque contre la population civile, attaque contre des lieux de culte, attaque contre des biens indispensables à la survie de la population et pillage.

 II) Affaire dite « Ndélé 2 » : rendez-vous le 05 mai pour écouter le réquisitoire du parquet et entendre aussi Oumar Serge Abdoulaye dans ses hallucinations « américaines »

Les débats contradictoires de cette affaire de crimes graves perpétrés contre des civils innocents et survenue en 2020 à Ndélé, ont donné lieu à des passes d’armes juridiques entre différentes parties pendant une vingtaine de jours dans la salle d’audience de la Cour pénale spéciale. Commencés le 03 mars, les débats étaient prévus pour prendre fin le 28, selon le calendrier initial ; mais ils se sont achevés une semaine plutôt sur une note qui ne cesse de diviser les parties ; chacune tirant la couverture de son côté, arguments de droit à l’appui. Seule la vérité des faits, au-delà de tout doute raisonnable s’imposera à toutes lors du verdict. Un aspect important ne manque pas de préoccupation : les hallucinations d’Oumar Serge Abdoulaye, l’un des trois accusés « sous traitement psychiatrique » ; ce dernier a à plusieurs fois intrigué l’audience par ses déclarations à l’emporte-pièce (« j’étais-aux-Etats-Unis ») faisant penser à un homme qui n’a plus tous ses sens.

D’ici là, toutes les parties vont de nouveau se présenter à l’audience, le 05 mai, pour écouter la plaidoirie de la partie civile que représente Me Panda et le réquisitoire du Parquet spécial. On a encore en mémoire les15 et 20 ans pris par des coupables de « Ndélé 1 », cette affaire qui n’est que le prolongement et la source de compréhension de « Ndélé 2 » Autrement dit : la ville de Ndélé a connu, en 2020, plusieurs attaques et contre-attaques de groupes armés dont certains éléments de deux camps (Rounga et Goulas) sont aujourd’hui soit déjà condamnés, soit dans le box des accusés en dehors des fugitifs issus des deux camps.

Récit : Gilbert G. Mbakop

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