Mme Deborah Ruiz Verduzco, Directrice exécutive du Fonds à la CPI dépose ses valises à Bangui pour réconforter les survivants et les victimes des crimes sexuels en Centrafrique

Elle est descendue sur le terrain pour voir de ses propres yeux et toucher du doigt comment les programmes axés sur les crimes sexuels ont transformé la vie des victimes

Trois jours de rencontres et de contacts multiples, pas beaucoup mais assez suffisant pour Mme Deborah Ruiz Verduzco, directrice exécutive du Fonds au profit des victimes (FPV) à la Cour pénale internationale (CPI) de toucher du doigt en supervisant le travail que fait la CPI au profit des victimes en Centrafrique depuis la date de sa mise opérationnelle, en août 2020. Le Fonds  finance des Actions intégrées et holistiques à valeur réparatrice aux victimes. Au 31 décembre 2024, « 13.820 personnes auront bénéficié directement des services fournis par le FPV, y compris environ 10.000 victimes de crimes sexuels basés sur le genre » lâche-t-elle aux journalistes lors d’un point de presse, organisé au sein du Bureau Pays de la CPI en Centrafrique. Le Programme fonctionne dans six provinces dont la capitale, Bangui ; et près de 655 millions de CFA y sont consacrés chaque année. Malgré son volume apparemment colossal, cette somme n’arrive toujours pas à satisfaire totalement tous les besoins des survivants et des victimes de crimes commis en RCA pendant au moins une dizaine d’années de turbulences politico-militaires.

Le Fonds pour les victimes est l’une des deux institutions indépendantes (avec la CPI) créées par le Statut de Rome ; il est connu pour sa défense de la cause des intérêts des victimes et de leurs communautés ; pour ce qui est du « dossier » Centrafrique, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité concerne deux périodes : 1) à partir de juillet 2002 et 2) à partir de 2012. Pour encourager des transformations et encourager l’auto-transformation des hommes et des femmes, le Fonds adopte une stratégie transformatrice de genre dans la société centrafricaine, ce qui a pour mérite d’impacter positivement sur le comportement des enfants et la réduction de la consommation de la drogue, entre autres.

Chiffres parlant

Soutien médical : à travers un référencement médical vers 25 centres de santé : 7.323 individus bénéficiaires Soutien psychologique et psychosocial : 13.648 bénéficiaires Soutien socio-économique :2256 bénéficiaires Victimes testés séropositives : 975 bénéficiaires Soutien supplémentaire aux enfants dans le viol : 734 enfants nés des viols en ont bénéficié Hébergement en réponse à l’instabilité : 175 individus concernés, etc.

Pendant son séjour en Centrafrique, Mme Deborah R. Verduzco n’aurait certainement pas loupé les échos sur l’arrestation rocambolesque d’Armel Sayo, un chef de guerre centrafricain qu’on soupçonne d’avoir sur sa conscience de nombreuses victimes de crimes de tout guerre (viols compris) ; son cas intéresserait la Cour pénale internationale. La  Directrice exécutive du Fonds retourne au siège avec une promesse et assurance fermes à des victimes, comme ces nombreuses femmes (photo 2) qui, en septembre de l’année dernière à Bossangoa, ont bénéficié d’une campagne de réparation chirurgicale gratuite des fistules obstétricales à elles offerte par l’ONG Médecins d’Afrique (MDA) appuyée par le FPV. Sa promesse tient à ceci : « le programme des priorités va se poursuivre cette année avec la volonté de partager les expériences et le renforcement de l’approche réparatrice dans les interventions liées à la justice, avec des mécanismes internationaux et nationaux spéciaux » Aux victimes d’apprécier…

Récit : Gilbert G. Mbakop

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