Des « clients » de la Cour pénale spéciale et autres prisonniers VIP bénéficient désormais des installations haut de gamme à la Maison centrale de Ngaragba
La Maison d’arrêt de Ngaragba prend un coup de neuf avec quatre nouveaux bâtiments équipés aux normes. Cette maison est sans cesse décriée par les défenseurs des droits de l’homme, à cause de ses installations vétustes, datant de l’époque coloniale. Construite pour une capacité modeste (une centaine de détenus) au départ, elle est connue aujourd’hui pour sa surpopulation, certains parlent même de 400 % de taux d’occupation. Deux semaines après la grâce présidentielle qui a permis la libération de très nombreux de détenus, dégorgeant ainsi considérablement le milieu carcéral; et Mactar Fall, Représentant résident Adjoint du PNUD de rappeler à assistance que c’est grâce aux fonds pragmatiques de la MINUSCA qu’on a droit à cette extension. De ces nouveaux bâtiments flambant neufs officiellement sortis des terres et inaugurés ce mercredi 08 janvier par Arnaud Djoubaye Abazene, ministre d’Etat chargé de la Justice, de la Promotion des Droits humains et de la Bonne Gouvernance, Garde des Sceaux, la MINUSCA évoque deux raisons premières pour expliquer cette nouveauté qui n’est autre que la promotion et le respect des droits de l’homme : l’appui au fonctionnement de la Cour pénale spéciale (CPS) et l’amélioration des conditions de détention et de la prise en charge des détenus ; pas plus pour arracher les remerciements chaleureux de Nangboa Pépin Cyr, régisseur adjoint de la Maison d’arrêt de Bangui.
Ses locataires (d’un autre genre) de ce milieu carcéral ne sont pas n’importe qui : des prisonniers VIP, de haut niveau, généralement condamnés pour des crimes graves surtout par la Cour pénale spéciale. Ils n’auront absolument rien à envier aux centrafricains incarcérés à la CPI (Patrice Ngaïssona et consorts), en termes de confort : grande chambre (cellule) individuelle à un ou à quatre lits avec bloc de toilette raccordé à l’eau courante et un ventilateur tournant sans cesse éloigne la chaleur et les moustiques. L’aération, la propreté et la qualité des équipements tutoyant les normes internationales de ces « chambres » inspirent des commentaires élogieux : « ce n’est pas la prison mais le Ledzer » s’exclame avec ironie un fonctionnaire agent pénitencier qui dit « ne pas croire un seul instant qu’il aurait ces types d’installations chez lui un jour.» Cette extension qui se repose sur une construction de quatre bâtiments R+1 est à lui seul un quartier où on peut y trouver une infirmerie, des salles de formation, de sport entre autres. Il a fallu près de un milliard (précisément 980.475.327 F) et quatre années de travaux pour en arriver à ce résultat. « Les nouveaux bâtiments que nous inaugurons ce jour est le symbole de notre engagement commun en faveur de la Justice, des droits de l’homme et de la dignité humaine ; car grâce à sa capacité et ses installations modernes, ils contribueront à améliorer les conditions de vie des détenus, tout en renforçant les mesures de sécurité de la Maison centrale de Ngaragba » se félicite le Garde des Sceaux, marqué de près par Julius Ngouadé Baba, son chargé de mission en matières de droit de l’homme.
Azor Kalite, Issa Adoum Sallet et leurs complices respectifs, tous condamnés par la Cour pénale spéciale à de longues peines seraient parmi les premiers « bénéficiaires » de ces installations…en attendant ces gros « poissons » encore en liberté mais qui sont dans le collimateur de la justice centrafricaine.
Récit : Gilbert Gilles Mbakop




