Un nationalisme ombrageux et maladroit d’un avocat s’invite au procès de Dominique Ephrem Yandocka

Un avocat s’en prend de manière pas catholique à un agent de sécurité du contingent Mauritanien de la MINUSCA : « je suis Centrafricain, je suis chez moi… »

Au deuxième jour des débats du procès de Dominique Ephrem Yandocka, c’est à 09 heures 05 que les portes de la cour de cassation s’ouvrent; la salle présente une allure insalubre avec des boîtes vides de jus et des mouchoirs déjà utilisés jonchant le sol, les deux ampoules, lorsque ça brillent, ne suffissent pas pour un bon éclairage. Arrive alors un agent, quelques minutes après pour enlever la poussière sur les tables de la cour à l’aide d’un torchon mouillé. Madame Yandocka, tout de rouge vêtue et avec un sac à main de couleur noir est déjà présente, accompagnée d’un jeune, à 09 heures 20’ et prend place à une dizaine de mètre derrière le box des accusés. La dame à peine installée, un élément de la sécurité de la Minusca prie gentiment les quatre premiers occupants de regagner d’abord l’extérieur pour des raisons pratiques (fouille, entre autres); comme tout le monde, Mme Yandocka s’exécute poliment et prend place sur un autre banc à l’extérieur, les oreilles tournées vers tout ronflement de véhicule…

Un avocat jetant l’opprobre sur l’hospitalité légendaire du pays et appelé à s’acheter une conduite du point de vue savoir-vivre

Jusqu’à là, tout se passe bien jusqu’à l’arrivée d’un monsieur à l’allure quelconque et se montrant franchement « désagréable et méprisant » à l’endroit de l’agent de la sécurité de la Minusca du contingent Mauritanien, lequel a pour seul tort de lui « demander poliment s’il peut voir ce qui est dans son gros sac » avant d’entrer dans la salle d’audience : « je suis Centrafricain, je suis chez moi » (…) balance-t-il brutalement à cet agent onusien médusé, laissant difficilement transparaitre sa colère et son incompréhension. Il se trouve quelques minutes après que ce dernier est avocat. Cet incident aux élans de mépris et/ou manque de civilité de la part d’un homme de droit n’est pas du tout du goût des femmes gendarmes, témoins de la scène. « C’est le même comportement que ces messieurs nous ont servi, hier » affirme l’une d’elles, désolée.

Les détenus arrivent menottés

L’incident passé, il est 09 heures 35 lorsque le véhicule dépose cinq détenus ; Dominique Yandocka se tient et avance sur les béquilles ; alors que les autres sont menottés. Une fois tous les cinq installés dans la salle, la femme de ménage importune en soulevant la poussière parce que c’est en ce moment qu’elle balaye. Christian Beninga arrive, échange quelques minutes avec la « star » de la journée qui n’est autre que le député de la Nation, aujourd’hui dans la tourmente judiciaire. Au fur et à mesure que le temps passe, la salle se remplit petit à petit. Mme Yandocka, tranquillement assise à quelques mètres ne quitte pas son époux des yeux ; et refuse de dire quoi que ce soit avant le verdict.

Le « grand frère » Ziguélé apporte son soutien

A 10 heures 31, c’est le tour de Martin Ziguélé, le très expérimenté homme politique de se jeter dans les bras de son jeune frère Yandocka, lequel prend la peine de se mettre debout pour mieux le serrer chaleureusement ; le public apprécie cette marque de solidarité entre les hommes politiques, d’autant plus que Raoul Follot prend le relais après que Ziguélé ait pris place quelque part dans la salle. Dans un ensemble gris clair, Raoult est heureux de prendre en direct les nouvelles de son ami député comme lui et pendant tout ce temps, Dominique, barbe en broussaille fait un effort de rester toujours debout, s’appuyant tant bien que mal sur ses béquilles. Toute la salle n’a qu’une seule attente: le verdict.

Recit : Gilbert Gilles Mbakop

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