Diagnostic
Ils ont passé leur temps à ignorer leurs militants, laissant le terrain libre aux autres, ils ont multiplié des déclarations fortes pour dire tout le mal qu’ils ont de la nouvelle Constitution ; une partie du BRDC n’a pas d’autre choix que d’aller aux urnes
Les cérémonies du 66ème anniversaire de la Proclamation de l’indépendance nous ont donné à constater une certaine évolution au sein de la classe politique avec la participation de l’URCA d’Anicet Georges Dologuélé au défilé ; on avait presque perdu l’habitude de voir ensemble toutes les formations politiques derrière une même cause d’envergure nationale. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BDRC) et ses membres avaient jusqu’ici opté pour la politique de la chaise vide, d’abord lors du referendum constitutionnel; le « Oui » l’emporta largement ; et aujourd’hui la nouvelle Constitution, consacrant la 7ème République, s’impose à tous en commençant par eux : on n’arrête pas la marche de l’histoire et en politique les absents ont toujours tort. La Constitution de 2023 (contrairement à celle de 2016) n’interdit pas un autre mandat à l’actuel locataire du Palais de la Renaissance ; voilà un débat qui aurait dû perdre sa raison d’être si le leader de l’opposition démocratique et radicale et ses amis avaient participé aux scrutins et battu campagne pour faire imposer le « Non » à une nouvelle Loi fondamentale du pays.
2025 : l’année de tous les enjeux de gestion de proximité de la chose publique
2025 est une année qui entrera dans l’annale politique du pays ; un autre pan de l’histoire de la Centrafrique va s’écrire dans nos différentes communes : pour une grande première depuis près d’une quarantaine d’années, les municipales vont se tenir sur l’ensemble du territoire ; les maires ne vont plus être nommés, mais élus. Autrement dit le maire de Bangui (un Emile-Gros Nakombo ou un autre) ne va plus rendre compte à celui qui l’a nommé (président de la République) ; mais à la population de la capitale qui aurait la lassitude de le balayer ou le garder à la fin son mandat électif. Les formations politiques seront à l’assaut de près de 180 mairies et plus de 1800 postes de conseillers municipaux ; la contribution financière de la France et de la communauté internationale pour l’organisation des municipales rehausse l’importance et le crédit de ces scrutins. La pression est du côté de Dologuélé et de ses amis du BRDC ; depuis près de quatre années, ces leaders se sont livrés à un mauvais spectacle, non productif en termes de plus-value politique : si ce n’est pas un séjour plus ou moins prolongé à Paris pour « prendre des instructions à leurs maîtres » quant à la « conduite à tenir face au régime pro-russe », c’est plutôt la bagarre de chiffonnier et de légitimité au sein de sa propre famille politique entre autres. Ne pas prendre part aux élections locales veut dire s’exclure encore pendant au moins cinq années de la vie et de la gestion de la chose publique, comme l’opposition dite radicale l’a déjà fait. C’est un suicide qui ne dit pas son nom, et en politique il n’est pas interdit de se suicider, sauf que les militants, quand ils sont démobilisés, partent voir ailleurs ; et c’est bien ce qui se passe avec le Mouvement de la libération du peuple centrafricain (MLPC); cette formation politique offre un spectacle pitoyable avec ses divisions et des procès à ne point finir.
Le match électoral pourrait se jouer entre trois formations politiques seulement
Le Mouvement des Cœurs Unis (MCU) et d’autres formations politiques « respectueuses des institutions » comme UNIR de l’ex-premier Ministre Henri Marie Dondra et MOUNI de Thierry Kamach occupent outrageusement le terrain, leurs différents cadres sont en perpétuel mouvement de précampagne, ne lésinant sur aucun moyen pour mobiliser leurs militants à s’enrôler sur la liste électorale. La bagarre électorale qui se dessine déjà semble mettre aux prises le trio MCU/MOUNI/UNIR ; les autres ne seraient que des faire-valoir ; car la démobilisation aurait déjà gagné leurs rangs.
Gilbert Gilles Mbakop, éditorialiste
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