Le ministère de l’Éducation nationale de la RCA et le Centre d’Études Juridiques Africaines (CEJA) : un accord en bonne et due forme pour mener officiellement les activités en milieu scolaire…
Echanges fructueux avec des proviseurs de lycées, débats avec des élèves, réunion technique avec les membres de la Commission Nationale des Droits de l’Hommes et des Libertés (CNDHL) et surtout rencontres avec des autorités gouvernementales pour une officialisation de partenariat… Pour bâtir « une Afrique sur le droit », (l’un des objectif clairement affiché), le Centre d’Etudes Juridiques Africaines (CEJA) met les bouchés double en multipliant des descentes sur le terrain ; ses différentes activités se sont soldées par de divers échanges et rencontres. L’activité majeure reste bien cette audience que le ministre d’Etat en charge de l’Education nationale de Centrafrique a accordé à sa délégation, conduite par le Dr Ghislain Patrick Lessène, son directeur exécutif, lequel a fait le déplacement depuis la Suisse.
Un accord signé avec le ministère de l’Education nationale Centrafricaine
Au sortir de cette rencontre, un accord en bonne et due s’est noué entre le ministère et le Centre ; ce qui lui laisse désormais le champ libre de mener ses activités officiellement et en toute légalité au sein des établissements scolaires de la République centrafricaine. Le ministre Aurélien Simplice Kongbelet Zingas n’a pas boudé son plaisir en apprenant que le CEJA, crée en 2015, n’est autre qu’une idée d’un fils du pays résidant à Genève, lequel s’est pleinement investi dans l’accompagnement du gouvernement dans sa mise en place dans des projets scolaires. Cet accompagnement prend plusieurs formes : entre autres le renforcement de capacités des enseignants de droit à l’université de Bangui, le concours de droit de l’homme au sein des établissements scolaires traduit par un procès fictif mettant en compétition les différents lycées de la capitale ; cette compétition intellectuelle se déroule dans la même salle que se tiennent les procès à la Cour pénale spéciale (CPS), le parrain de la dernière édition ; d’ailleurs c’est bien le président de cette juridiction hybride qui avait bien présidé ce procès fictif très couru, animé avec brio par des jeunes élèves de différents établissements secondaires.
Des proviseurs de lycée préparent déjà le prochain concours de droit dans leur établissement
Après la rencontre honorifique avec le ministre, c’était le tour de 17 proviseurs de différents lycées publics de Bangui de se retrouver autour d’une table pour faire le débriefing des deux premières éditions du concours de droit organisées par CEJA au sein des établissements scolaires. Les observations et les propositions de ces derniers ont été consignées pour en faire bon usage quant aux prochaines éditions. Les participants ont découvert, à cette occasion, leur nouveau collaborateur qui n’est autre que Christ H-E Yandia, le représentant du Centre en RCA. Tous se sont accordés et unanimement afin d’œuvrer pour la réussite de la prochaine édition, prévue en février 2025.
La suite des activités se sont déroulées avec une cinquantaine d’anciens élèves ayant participé aux deux éditions précédentes du concours de droit ; ces derniers sont entre temps devenus des ambassadeurs du CEJA auprès de leurs camarades lycéens. Ces derniers ont manifesté leur joie de se retrouver dans une salle de classe du lycée Miskine pour débattre autour des sujets propres à leur époque, écouter les conseils et partager leurs attentes (formation, orientation, entre autres) auprès de quelques enseignants (lycée et université) et une juge de nationalité suisse officiant à la Cour pénale spéciale (CPS). Ces jeunes élèves, très motivés, sont rentrés avec la promesse ferme de CEJA de les accompagner en organisant régulièrement des activités à leur profit.
Le CEJA se montre disposé à partager son expérience avec le CNDHL
Le Centre d’Etudes Juridiques Africaines a aussi tenu la même promesse d’accompagnement à l’endroit de la Commission Nationales des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales (CNDHL). Sur invitation de cette dernière, le Dr Ghislain Patrick Lessène, directeur exécutif de CEJA n’a pas caché son envie et sa motivation de partager son expérience et ses contacts avec les commissaires afin de les aider à renforcer leurs compétences dans le cadre de leur mission. L’objet principal de cette rencontre était axé sur le TdR préparé par le président de cette institution et sur le rapport d’un expert sur l’indépendance de la commission conformément aux Principes de Paris. Toutes ces activités ont un seul objectif : « rendre meilleure la visibilité et l’effectivité du droit en Centrafrique pour un changement profond et efficace des mentalités et conditions de vie sur notre continent. »
1er lauréat du concours de droit organisé à Bangui par CEJA, Dieu-Merci Ali Sekemo a eu le privilège d’assister à la 53ème session du conseil des droits de l’homme à Genève
Le Centre d’Etudes Juridiques Africaines a le mérite de démystifier les notions de droit en milieu jeune en organisant depuis 2022 le concours sur le droit de l’homme. La troisième édition se prépare activement au sein de différents lycées (publics et privés) de la capitale ; la thématique de ce concours (un procès fictif) de cette année porte sur les élections, une thématique tout indiquée puisque l’année 2025 est une année des élections en Centrafrique: municipales, présidentielle. S’il y a quelqu’un de mieux placé pour parler en bien des retombées cette activité initiée par CEJA, c’est bien Dieu-Merci Ali Sekemo , le tout premier lauréat de ce concours, très apprécié dans le milieu scolaire. Ce jeune est aujourd’hui à la tête de la présidence de l’association des élèves en Centrafrique (USCA); et grâce au Centre d’Etudes Juridiques Africaines, il a assisté à la 53ème session du Conseil des droits de l’homme à Genève où il a eu le privilège d’être parmi les invités d’honneur.
L’édition prochaine de ce concours sur le droit de l’homme est prévue en principe en février 2025, elle se prépare déjà activement avec l’appui des proviseurs des lycées, impliqués dans l’organisation. Comme la seconde, elle va se dérouler dans la salle de l’audience de la Cour pénale spéciale (CPS) et surtout dans les mêmes conditions d’un vrai procès. Les élèves du lycée Providence Saint Charles détiennent le trophée du vainqueur de l’édition précédente.
Récit : Gilbert Gilles Mbakop
Publicité:

