La France lance sa grosse machine de reconquête de sa place de partenaire historique de la Centrafrique, après l’avoir jetée dans la rue.

En quoi l’accord d’« aide budgétaire » signé pompeusement entre Bangui et Paris est-il différent des anciens qui ont toujours brillé par leur inefficacité ?

 

C’est elle, la France, qui par « ingratitude » et du jour au lendemain décide de couper certains ponts avec la Centrafrique ; c’est encore elle-même qui, par « vengeance punitive » reste passive (si elle ne les encourage pas) quant à ces nombreuses difficultés que rencontre la RCA dans des instances internationales ; alors que le pays traverse un moment difficile de trésorerie et de sécurité ; c’est encore et toujours elle-même qui décide de « revenir au bon sentiment ». Voilà bien quelques années que la France a jeté sa place de « partenaire » majeur de la Centrafrique dans la rue ; aujourd’hui elle « comprend » finalement qu’elle s’était comportée comme un gamin qui oublie et/ou néglige de faire ses devoirs.

La machine de « reconquête » est lancée

La grosse machine de reconquête de ses immenses intérêts en RCA aujourd’hui effrités et de sa position d’antan dans l’intellect centrafricain est lancée avec de gros moyens humains, médiatiques et non sans mettre à contribution ses vieilles cellules manipulatrices installées discrètement un peu partout dans l’administration du pays, le sommet de l’Etat compris.

« Aide » de ceci, « aide » de cela : des formules choquantes, infantilisantes

10 millions d’euro (1), c’est le montant de l’accord de l’« aide budgétaire » qui vient d’être signé entre Bangui et Paris. Et la Chancellerie Politique de l’ambassade de France de se mettre à genoux pour supplier les médias conviés à l’évènement de « veiller à ce que l’importance de cet accord soit pleinement reconnue et relayée auprès du public et des partenaires. » (sic) Paris tente de se refaire une nouvelle santé en RCA, après avoir perdu du terrain. Emmanuel Macron, sur une Télévision française, nous sert une belle leçon de vie : « Le monde est fait d’herbivores et d’omnivores ; et si nous restons des herbivores les omnivores gagneront… » C’est la loi de la nature, la RCA a été longtemps un herbivore que l’omnivore France a mangé à satiété ; voilà que cette dernière se fait elle aussi manger sur le terrain Centrafrique par d’autres omnivores…

Même marchandise, nouvel emballage

Aujourd’hui on nous parle d’« aide budgétaire », hier c’était déjà « aide au développement » ; des formules magiques de routine avilissante tout trouvée pour distraire ou endormir comme si les Centrafricains sont ces éternels bébés à qui on doit porter le biberon à la bouche. En quoi ces différentes « aides » ont-t-elles changé les conditions des Centrafricains depuis 1960 ? Absolument rien. La même marchandise dans un nouvel emballage; sauf que désormais une nouvelle génération de Centrafricains éveillés n’est plus prête à recevoir tout le temps du poisson : elle veut apprendre à pécher ; la Centrafrique compte des millions et des millions d’hectares de terre arables. Des ateliers industriels de fabrication de briques de construction, de transformation de manioc ou de bois sur place, entre autres, voilà ce qu’il faut pour ce pays ; et rien d’autre. Le débat est ouvert et devrait intéresser nos pseudos intellectuels avec leur esprit conditionné et esclaves de leurs nombreux diplômes de pacotille. Plus brillants sur France 24, RFI et Tv5 (2) et sur des faux sujets (militaire russe, élection américaine, nouveau gouvernement français, etc.) que ces « docteurs » et « professeurs », tu meurs.

(1) la moitié pour payer le salaire des experts français et/ou ONG françaises

(2) des médias puissants, mais inconnus des français de France ; car destinés uniquement à conditionner l’esprit des africains

 Gilbert Gilles Mbakop, éditorialiste

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