Affaire « Ndélé 1 », le temps des plaidoiries (acte 2 et 3) : le ministère public réclame 30 ans pour Azor Kalite et 20 ans pour ses 3 « complices »

« Pour faire peur à Abdoulaye Issène, il faut aller à Ndélé » : une déclaration/preuve qui « confond » un des accusés, selon le ministère public

Le programme du temps des plaidoiries met en scène le ministère public au troisième jour (mercredi, 06 novembre) de la grande reprise de l’affaire dite « Ndélé 1 » ; la réclamation des peines 30 ans pour Azor Kalite et 20 ans pour chacun de ses 3 complices est venue mettre un terme au long et impitoyable réquisitoire, commencé la veille ; mais interrompu pour respecter la mémoire d’un avocat inscrit au barreau de Centrafrique, décédé. Le procureur spécial adjoint, Alain Ouaby-Bekai avait alors saisit l’occasion pour présenter son équipe et survoler le contexte des évènements à l’origine des 29 morts et 62 blessés survenus le 29 avril 2020 à Ndélé. Deux jours avant, les avocats de la partie civile avaient déjà, eux aussi, donné le ton en ouvrant les hostilités. Ils avaient concentré tous leurs argumentaires sur la « responsabilité directe » d’Azor Kalite et ses « complices » pendant ces évènements meurtriers, lesquels « tombent » sur le coup de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ; ce qui est visiblement pénible pour les accusés, tranquillement assis dans leur box. Cette entrée en scène du parquet spécial fait monter la température tant du côté des accusés que du public.

Ce mercredi, 06 novembre, le parquet a donc continué son réquisitoire, fragmenté en trois parties ; la dernière est conduite par le substitut Alain Tolmo. Plus de trois heures et 21 minutes, c’est le temps cumulé par le parquet pour son réquisitoire ; toutes leurs charges respectives sont brutalement et gestuellement dirigées non sans grain d’humour contre les quatre accusés ; Me Marus Bangati, l’un des cinq avocats de la défense sourit de temps en temps en prenant des notes, pareil pour ses confrères (partie civile et défense).

Tous assis dans le box, l’air triste ou fatigués, chaque accusé est invité individuellement et à tour de rôle à la barre pour supporter la dose d’accusation, portée par Alain Tolmo ; les accusés sont aidés par un interprète ; sauf Azor Kalite (accusé principal) qui manie bien la langue française. C’est bien ce dernier de passer en premier à la barre, suivi de Charfadine Moussa, Wodjonodrogba Oumar-Oscar et enfin Antar Hamat. Pendant cette longue épreuve, ils n’ont d’autre choix que d’accuser le coup : écouter passivement en voyant surtout le Substitut du procureur Alain Tolmo les malmener sans relâche ; et avec le talent oratoire qui va avec, encore que sa voix est dynamique. Sur la base du code pénal centrafricain, il cite quelques articles et réclame 30 ans pour chef de bande (Azor Kalite) et 20 ans pour chacun de ses « complices ». La salle remue de nouveau. Si on s’en tient au calendrier détaillé en vigueur, le passage de témoin revient à l’avocat de Kalite Azor pour sa plaidoirie ce jeudi, 07 novembre. 

Compte rendu : Gilbert Gilles Mbakop (photos, CPS)

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