19è Sommet de la Francophonie: Lever d’abord le pied au coup des pays africains (ÉDITORIAL)

 

Le 19è Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a baissé les rideaux au soir du 5 octobre ; tous les invités sont en principe de retour chez eux. Contrairement aux Chefs d’Etat du Cameroun, Sénégal, Congo qui ont boudé cette rencontre, le Président Centrafricain était bel et bien présent. Juste pour la forme et les photos de famille ? Il faut dire que depuis que la Russie a décidé de casser le pot aux roses sur le continent et plus particulièrement sur sa partie dite francophone, les intérêts de son « ami nucléaire » sont fortement menacés ; les relations entre Paris et Bangui changeant profondément de nature : le « maître » n’a plus de main basse sur l’« esclave », Sangaris (« des gentils petits garçons ») est parti, remplacé au pieds levé par des militaires venus de Russie (« des mercenaires… ») ; encore que le résumé de chaque Conseil de ministres en Centrafrique n’atterrit plus immédiatement au Quay d’Orsay. Le ministre français de la Défense n’a que ses yeux pour pleurer : « La Russie a attaqué nos intérêts en Afrique, détournant nos partenaires africains de longue date, arrachant nos marchés et nos contrats d’exploitation des ressources chez nos partenaires africains, cela se ressent chez nous… »

Que dire des attentes de ce Sommet ? On attend le maçon au pied du mur d’autant plus que le doute est permis à partir du moment où la démocratie prônée par les uns n’est que de la poudre aux yeux. La mauvaise gouvernance des régimes « amis » des résidus des réseaux « francafrique » a la peau (très) dure. Des officines douteuses basées à Paris sont toujours derrière les bourrages des urnes lors des élections un peu partout : de Ndjamena à Abidjan en faisant de nombreux escales : Yaoundé, Libreville, Cotonou, Lomé et Dakar. Comment expliquer que Macron saute dans le premier avion juste pour aller valider un coup d’Etat constitutionnel au Tchad, après la mort de Déby père ? On n’avait pas entendu la voix de l’Organisation Internationale de la Francophonie ; pourtant elle dit prôner la démocratie.

Si on prend la formule sortie de ce sommet (« Créer, innover et entreprendre en français »), on ne peut que s’empresser de voir dans les engagements l’envi de copier cette France dite des Libertés, copier cette France de l’éloquence et de l’élégance…et ne plus voir les interventions louches de quiconque dans nos affaires internes. On ne peut prétendre « porter plus loin, plus haut et plus fort une francophonie utile, capable d’offrir de nombreuses opportunités à nos sociétés et en particulier à nos jeunesse » en mettant des obstacles (chantages des FMI, BM, maintien des sanctions fantaisistes) au développement des pays membres de la Francophonie non sans piétiner la volonté populaire dans nos différents Etats africains. Quelqu’un peut nous dire en français facile pourquoi le Franc CFA est toujours la monnaie de la majorité des pays francophones ?

Gilbert Mbakop

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