31 octobre 2022 : Jour historique et de fête de la justice à la Cour pénale spéciale

« Depuis son accession à la Magistrature Suprême, le Chef de l’État a fait de la lutte contre l’impunité son cheval de bataille »

Publié le 08 novembre 2022

Siège de la Cour Pénale Spéciale : entrée principale de la salle d’audience réservée au public, ce lundi 31 octobre à 07 heures 3O. A cette heure précise tout est encore calme, seuls quelques journalistes sont déjà sur place pour prendre le pouls des lieux; le dispositif sécuritaire assuré par les éléments de la Minusca est certes discret mais rassurant. Mme Guylaine Vannier (personnel) et ses collègues sont au four et au  moulin. Tout est mis en œuvre pour la réussite de l’évènement. Quelques minutes après cette salle aux allures de jour de réception est prise d’assaut par de nombreuses têtes couronnées et anonymes dont des victimes venus pour la plupart de très loin: Lemouna, Koundjili, Paoua… Tous affichent une  mauvaise mine. Compréhensible: ils attendent le verdict. « Ce jour est pour nous la fête de la justice » lance l’une des victimes à la fin du procès.Tout est devenu possible grâce  aux soutiens de l’UE, de la Minusca, du Pnud, des USA et du Royaume des Pays-Bas

Ils ont dit :

Ministre de la Justice :

Depuis son accession à la Magistrature Suprême de l’Etat, le Président de la République, a fait de la lutte contre l’impunité son cheval de bataille, afin que les auteurs des crimes puissent être traduits devant les juridictions compétentes, jugés et condamnés conformément à la loi, et que les victimes de ces atrocités puissent obtenir réparation des préjudices subis, quelle qu’en soit la forme. Merci (s’adressant aux journalistes) d’être à ce rendez-vous historique d’autant plus que le quinquennat du Chef de l’Etat est placé sous le signe de l’impunité, facteur de paix et de stabilité. Le verdict qui vient d’être prononcé ce jour n’est que le premier d’une série qui reste à venir, tôt ou tard. C’est aussi un signal fort lancé contre les fauteurs de trouble. Le gouvernement par ma voix  remercie tous les partenaires qui ont œuvré (et continuent d’œuvrer) pour la réussite de ce procès historique non seulement pour les victimes mais pour tout le peuple centrafricain. »

Jean (Nom d’emprunt), 70 ans environ et marchant à peine                                                 

Ils ont écopé d’une lourde peine, certes est-ce que cela va me ramener mes quatre fils, tous chefs de famille nombreuse? C’est dans ma cachette ce jour-là que j’avais appris l’assassinat de mes fils, tués froidement, l’un d’eux revenait du champ. A mon âge et souffrant de rhumatisme, je suis fatigué et je n’ai ni force ni moyens financiers pour encadrer mes nombreux petits-fils aujourd’hui orphelins de père »

Je suis à Bangui depuis 5 mois grâce à la CPS qui a assuré mon transport de mon village jusqu’ici. Je ne connais personne de confiance dans la capitale. J’ai hâte de retourner chez moi auprès des miens.

Mme Antoinette (nom d’emprunt), la trentaine

Je vis à Lemouna, je fais partie des rescapés chanceux mais pas mon frère ainé qui était enseignant d’école fondamentale, tué par balle, après s’être vu ligoté et bastonné sous les yeux de sa femme souffrante et couchée sur la natte devant leur domicile. Sa femme est décédée quelques jours des suites de maladie. J’ai sous ma responsabilité la charge de quatre orphelins qui ne demandent qu’à poursuivre leurs études malgré le traumatisme subi. J’attends la décision de la justice quant à la réparation pour les victimes.»

La rédaction

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