Professeur d’université et témoin contextuel du procès « Ndélé1 »

Procès d’Azor kalite à la CPS. Bernard Simité, professeur d’université et témoin contextuel invité à l’ouverture

 

Paru le 18 janvier 2024

la deuxième phase du deuxième procès de l’histoire de la Cour pénale spéciale s’est ouverte hier au siège de cette juridiction. Par l’arrêt n° 14 du 23 octobre de l ‘année dernière, la chambre  d’appel avait renvoyé cette affaire en procès devant la Section d’assises ; les inculpés sont une dizaine, tous accusés  de crimes de guerre, et crimes contre l’humanité dans le village Ndélé, au Nord de la Centrafrique. Azor Kalite,  Charfadine Moussa,  Oscar Oumar Wordjonodroba et  Antar Hamat sont effectivement présents dans le box des accusés; quant aux autres inculpés ils sont dans la nature, « en fuite. »

Prévue à 10 heures et conformément à la décision prise le 7 décembre 2023 par les juges de la Section d’assises chargés de ce procès, l’ouverte des débats contradictoires commence par la prise de parole de Bernard Simiti en qualité de témoin contextuel. Le choix a été porté sur cet enseignant-chercheur à l’université de Bangui pour éclairer les uns et les autres du contexte historique de l’environnement politique social et culturel de la Centrafrique, ceci pour aider à mieux comprendre les évènements douloureux survenus en mars 2020 consécutifs aux affrontements entre  deux fractions du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) composé essentiellement des Rounga et des Goulas dans la ville  et aux environs de Ndélé. 

Azor Kalite impressionne par son talent oratoire dans la langue française

c’est un bout d’homme au visage  d’enfant, lui c’est Azor Kalite, l’accusé principal (extrême droite sur la photo) dans l’affaire dite « Ndélé1 » Il a mis dans sa poche, en espace du temps consacré à sa prise de parole toute l’assistance lors de la reprise du procès. La journée d’hier était consacrée à la prise de la parole des accusés et c’est bien lui le premier sur la liste de passage à la barre. Le public est très attentif de la prestation on ne peut plus correct de celui-là qui se présente comme un ancien FACA et en même temps l’accusé principal. Le juge lui-même est surpris, tellement ce « polygame de 12 enfants » est parfaitement à l’aise dans la langue de Molière. Sa méthode est aussi remarquable: langage policé, cohérence dans ses déclarations, précision des dates, attitude irréprochable ;  le traducteur à ses côtés se sent visiblement inutile. « Comment ce type aussi talentueux peut –il bien se retrouver dans cette histoire ? » s’interroge un élément de la police de la MINUSCA dans la galerie réservée au public avec un étonnement mal dissimulé.

Compte rendu: Gilbert Mbakop

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