Le multilatéralisme passe à la mode. Deux importants déplacements présidentiels et une semaine

Publié le 21 février 2024
La semaine dernière entre dans l’annale de politique d’ouverture du pays comme celle la plus accomplie pour le chef de l’Etat en ce début d’année. Deux importantes destinations (en dehors du sommet de l’Union africaine) et non la moindre ont meublé sa sortie hors du pays, en quête du bien-être de l’ensemble des populations. Au moment où on célèbre un peu partout le multilatérisme, le pays a beaucoup à gagner en s’ouvrant vers d’autres horizons. Les nostalgiques de cette époque où une puissance s’employait à construire toujours plus grand la généalogie de crimes (politique, économique, culturelle, etc.) dans ce pays s’éloigne petit à petit.
C’est bien l’ambassadeur russe en RCA, Alexandre Bikantov qui a accompagné jusqu’au tarmac de l’aéroport de Bangui le Président Touadéra pour ces déplacements. La voix centrafricaine, à travers celle du Chef de l’Etat, a bien retentit et à Dubaï et à Moscou. A Dubaï, se tenait la 11ème édition du Sommet mondial des gouvernements avec la participation de plus de 25 chefs de gouvernement, décideurs, leaders d’opinion et 85 organisations internationales et régionales; après quoi Moscou recevait le Forum des Partisans de la Lutte contre les pratiques modernes du néocapitalisme ,organisé par le parti politique Russie Unie, que dirige Dimitri Medvedev. Ce Forum a réuni tous les partis politiques amis du parti au pouvoir en Russie, parmi lesquels le parti politique centrafricain Mouvement Cœurs Unis (MCU). Le chef de l’Etat a mis à profit pour rencontrer respectivement le Vice-président du Conseil de Sécurité russe et Sergeï Choïgou, ci-devant ministre de la Défense; deux personnalités qui comptent en Russie. Ces deux rencontres viennent ainsi traduire la qualité ô combien excellente des relations entre les deux pays (Russe et RCA). Leur volonté manifeste est de passer à une autre étape toujours plus haute pour élargir au-delà des problèmes de défense et de sécurité sur les autres domaines de coopération bilatérale répondant aux normes modernes.
Touadéra à Moscou. 1) « Pour la liberté des nations ! » et
2) pour la cessation du pillage de la Centrafrique à travers des groupes armés manipulés depuis l’extérieur…
La Centrafrique comme la plupart de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine a longtemps nourri des aspirations à la souveraineté nationale et à un monde multipolaire. Aujourd’hui, la Russie l’encourage (politiquement, militairement et culturellement) à reprendre sa lutte contre l’ingérence extérieure dans ses affaires internes. Le pays n’a pas pris le devant quant aux sanctions occidentales contre la Russie dans son expédition sécuritaire en Ukraine. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a appelé à mettre fin à la dépendance coloniale dans dix-sept territoires dans le monde qui restent encore sous le contrôle d’anciennes métropoles. Contrairement au sommet de Saint-Pétersbourg de juillet 2023, Faustin-Archange Touadéra n’a pas rencontré Vladimir Poutine, en raison de l’agenda « très chargé » de celui-ci, selon l’agence de presse TASS. Il s’est néanmoins entretenu avec le Vice-président Dimitri Medvedev, qui dirige le parti. Cette visite se déroule dans un contexte alimenté par la présence ou non de Bancroft, une entreprise de paramilitaires américaine, financée par l’Etat américain que l’ambassadrice des Etats Unis à Bangui ne reconnait pas les liens officiels entre elle et son gouvernement (américain); mais des manifestations ont été organisées, une douzaine d’Américains ont été empêchés d’entrer en Centrafrique depuis octobre ; et début janvier, selon la publication Africa Intelligence, un employé de Bancroft et un conseiller à la présidence auraient été arrêtés et entendus plusieurs heures par la police.
« Nous proposons de développer des approches communes à la majorité mondiale pour mieux comprendre le néocolonialisme, ainsi que d’achever le travail de décolonisation lancé par la diplomatie soviétique à l’ONU », a indiqué Sergueï Lavrov. De son côté, le président Faustin-A. Touadéra n’a pas rater l’occasion pour rappeler que « le néocolonialisme entraîne le sous-développement de l’Afrique ».
« Le monde a changé et le colonialisme a également changé de stratégie. Le néocolonialisme, l’une des causes principales des instabilités et du sous-développement en Afrique, est une politique impérialiste visant à utiliser diverses méthodes d’influence et de domination à son propre intérêt, ainsi que pour celui de ses entreprises au détriment d’autres nations. Il faut briser le joug du néocolonialisme dans le monde, il est temps d’en finir avec cette idéologie », a dénoncé le président centrafricain. Pour la Centrafrique, le fait de travailler avec les BRICS est une condition de développement, en surmontant le néocolonialisme. « Ce modèle de partenariat constitue pour nous une solution idéale aux inégalités mondiales extrêmes, aux velléités hégémoniques, néocoloniales, géopolitiques et géostratégiques de certaines puissances occidentales qui maintiennent les États africains dans la pauvreté, l’insécurité et la dépendance », a décrié Faustin-Archange Touadéra. Des représentants des pays d’Afrique, d’Asie, d’ex-républiques soviétiques, du Proche-Orient, d’Amérique latine et d’Europe se sont réunis pour se pencher sur « la lutte contre l’intervention dans les affaires souveraines d’États et contre les pratiques néocoloniales ». En pensant à un pays comme la Centrafrique qui est l’exemple type de pays de coups d’Etat à répétition dont les auteurs bénéficient chaque fois du soutien extérieur.
La rédaction (avec Yvette Reine Nzaba
Touadéra à Dubaï. Pour apprendre comment « Façonner les gouvernements centrafricains de demain », et certainement avec l’aide des BRICS
Le ministre des Affaires ministérielles et président de l’Organisation du Sommet des gouvernements mondiaux, Mohammed Abdallah Al Gergawi, souligne que le Sommet est l’occasion de se pencher sur les vastes opportunités de croissance et de développement qui se présentent au monde d’aujourd’hui, appelant à « ne pas regarder uniquement la dure réalité que le monde traverse » et à « se projeter dans un avenir meilleur pour les générations futures ; nos choix font notre destin », a-t-il dit. Il a mis en exergue, dans ce cadre, quelques indicateurs témoins de l’ampleur des progrès atteints par le monde contemporain, à savoir la longévité, la santé, le déclin de la pauvreté, l’essor de la connaissance à travers le monde, l’inter connectivité et la mobilité facile. Croissance, énergie, fiscalité, climat, géopolitique et conflits… sont des sujets d’actualité se sont invités aux débats qu’a pris par le chef de, accompagné d’une forte délégation.
Les recommandations et les attentes des participants de cette rencontre dans ce petit mais très riche pays du Golfe du ne sont pas loin du programme que propose les Brics en Centrafrique. Les projets qui devront être entamés dès les prochaines semaines, la priorité est donnée à:
– la construction d’un nouvel aéroport international pour les vols commerciaux et les vols cargo. Avec une zone franche, soit 4 étoiles, 5 étoiles et un gigantesque centre commercial. Ce projet qui fera de la RCA un hub en Afrique sera entièrement financé par les Émirats Arabes Unis
– La Chine quant à elle s’occupera de la construction d’un vaste réseau de chemin de fer qui reliera la RCA au Soudan par le nord-est (route de soie), ensuite au Tchad vers le nord; et enfin au Cameroun à l’ouest. Le chemin de fer facilitera le désenclavement du Centrafrique en lui donnant une ouverture vers plusieurs ports du continent.
– L’installation d’un réseau de télécommunications en 5G proposé par des entreprises russes, devrait également être paraphée.
– La construction et le lancement d’un satellite centrafricain sera co-financée par des entreprises indiennes et l’État centrafricain.
« Il n’y a plus de temps à perdre». Une fois que tous les contrats seront signés avec les départements ministériels concernés, sous la supervision du Premier ministre, les différentes parties devront se mettre au travail. Car «ces projets sont en adéquation avec la vision du développement en République centrafricaine» admet le N°1 centrafricain dans une vision futuriste.
La rédaction