Désabusés, tout le peuple et toute la classe politique pourtant unie

Publié le 20 juin 2023
UN président de la République donnant tout qu’il a de sa propre personne pour soutenir les Fauves, un président de l’Assemblée nationale qui ferme son téléphone pour ne pas être dérangé parce que l’équipe nationale s’apprête à descendre sur le terrain, un leader de l’opposition politique arborant son maillot de supporter infatigable des Fauves avec sa fameuse formule (« Kota coup aux angolais »), un ancien Premier ministre faisant le grand V de la victoire devant les caméras, etc. Pendant une semaine on ne savait plus qui est du pouvoir qui est de l’opposition, tous les centrafricains de tout bord vibraient à l’unisson, toute la classe politique était comme par magie unie comme un seul homme derrière notre équipe nationale, appelée à valider son premier ticket pour la Coupe d’Afrique des nations prévue en Côte Ivoire. La défaite inattendue est venue tout remettre en cause cette unité circonstancielle. Dans les cités les commentaires vont bon train et elle fait même déjà l’objet de récupération pour certains ; c’est de bonne guerre.
Le football a ceci de particulier qu’en espace de 90 minutes (durée d’une rencontre) il détruit toutes les barrières entre les peuples, unit les cœurs non sans engendrer toutes les passions patriotiques les plus in imaginables. Le climat socio-politique centrafricain et l’actualité politique sont balayés par le vent référendaire, voulu par le Chef de l’État. La division politique que vivent les centrafricains retrouve sa place autour de ce referendum programmé pour le 30 juillet prochain. Malheureusement.
La rédaction
Retour sur le match: Mauvais choix des joueurs, mauvais coaching et peur de mal faire…
L’Enjeu était immense, il faut le dire pour le rappeler qu’il est question d’une qualification pour le plus grand évènement se déroulant sur le continent. Une compétition que la RCA n’a jamais participé.
Créée en 1957 au Caire, voilà déjà soixante-six ans (l’âge de Touadéra et de Dologuélé), la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est dans le top 3 des compétions sportives les plus suivies de la planète football (après la coupe du monde et l’Euro) Toutes les deux années les meilleures sélections africaines se retrouvent dans un pays choisi pour son organisation pour célébrer le vainqueur, le plus fort. Si des pays comme l’Égypte et le Cameroun (ces deux pays ont à eux seuls douze trophées) participent pour gagner la coupe, certain pays trouvent leur plaisir rien que dans la simple participation. La Centrafrique court en vain derrière sa toute première participation. Pourtant tout semblait à sa portée avant le coup d’envoi de ce match joué samedi, 17 juin, au stade de la Réunification de Douala, en présence du Chef de l’État qui a fait le déplacement pour apporter personnellement son soutien aux Fauves. La très mauvaise politique de la gestion de nos infrastructures sportives est passée par là, d’où la délocalisation chez nos voisins camerounais. Le onze centrafricain est passé à côté de son sujet pour plusieurs raisons. Si la peur de mal faire peut être avancée pour expliquer l’échec, les observateurs avertis du football pointent le doigt accusateur sur le staff technique, lequel aura du mal à justifier la sélection de plus de la moitié de l’effectif dont la prestation de certains était proche de la médiocrité, sans niveau, en somme.
De la défense à l’attaque en passant par le milieu, aucun joueur sélectionné et présent sur le terrain ne s’est montré à la hauteur des attentes, le capitaine en premier (malgré son but). Le championnat local vient de s’achever avec le sacre de Red star, son solide stoppeur Sadrack Ndobé a incontestablement sa place dans cette équipe nationale, tout comme le N° 6 récupérateur des Anges de Fatima (photo), un jeune plein de talent que le sélectionneur ignore même jusqu’à l’existence.
GGM