Bozizé a fait-ci, Bozizé a fait-çà

Après les tribunaux nationaux, la Cour pénale spéciale (CPS) veut absolument la tête de l’ancien président putschiste

 

François Bozizé, ancien président de la Centrafrique et « putschiste devant l’éternel » sait qu’il porte un nom étroitement lié aux nombreux coups d’État dans son pays. Il a les oreilles tendues vers Bangui, depuis qu’il a quitté en fuyant la brousse de la rébellion et aujourd’hui exilé à Banjul, la capitale de la Guinée Bissau. Déjà recherché par la justice de son pays qu’il a dirigé de main de fer (2003-2013), voilà que la Cour pénale spéciale (CPS), une juridiction ad-d ’hoc est à ses trousses, l’accusant de nombreux crimes graves. Les juges du cabinet d’instruction de cette Cour ont rendu une ordonnance de renvoi devant la Chambre d’assises dans le dossier d’instruction dit « Bossembélé » L’évocation de cette ville située à près de 160 km au Nord de Bangui la capitale centrafricaine fait frémir bon nombre, car « quiconque passait par là ne sortait pas saint s’il avait la chance d’être vivant » selon de nombreux témoins directs ou indirects. Cela fait suite à l’ouverture du réquisitoire introductif du Parquet spécial (04 mars 2011) visant les crimes qui seraient commis : 1) par la Garde présidentielle, 2) à la maison d’arrêt et 3) au Centre d’instruction militaire de la ville Bossembélé. Tout cela se passait quand il trônait à la tête du pays.

La Garde présidentielle, la maison d’arrêt et le Centre d’instruction militaire (de « sinistres mémoires », selon des témoignages) étaient utilisés entre février 2009 et 23 mars 2013 (année de sa chute) comme instruments de la politique pour le répression de tout opposant supposé ou réel à son régime. Selon le même Cabinet d’instruction, François Bozizé, à travers les militaires de sa Garde, aurait commis plusieurs crimes contre l’humanité : meurtres, actes de tortures, disparitions forcées, viols et actes de prostitutions forcées, etc. tous ceci dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre toute personne soupçonnée de sympathie avec des groupes rebelles ou d’agir contre les intérêts du « clan Bozizé. » Le Cabinet d’instruction estime qu’il existe des charges suffisantes pour ordonner le renvoi devant la Chambre d’assises de la CPS de François Bozizé Yangouvonda et ses complices : Vianney Semndiro, Firmin Junior Danboy et Eugène Barret Ngaïkosset. Les victimes peuvent saluer comme ça se doit la sonnerie de la cloche de la justice.

Gilbert Mbakop (avec la cellule de communication de la CPS)

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *