Une mentalité (centrafricaine) à « formater »

Publié le 21 février 2024

Lettre ouverte (outre-tombe) de Boganda au chef de l’Etat (n°4) « FORMATION SUR LE CHANGEMENT DE MENTALITÉ » ? PARLONS-EN ITA TI MBI

 

Ita ti mbi

LE pays ne se porte pas bien à certains égards, loin de là ; et comme un malade devant un médecin soignant qui procède d’abord par un diagnostic ; c’est pareil quant au « malade Centrafrique » : après ton diagnostic, tu estimes qu’il faut une « formation sur le changement de mentalité ». Joli programme ita ti mbi. Nous sommes nombreux et d’accord avec toi pour reconnaitre que pour chasser la monotonie, la routine et le laxisme, lesquels entrainent un plafonnement des compétences, il faut un changement de mentalité dans toutes et différentes administrations ; condition sine qua non pour un service de qualité au public. Un sondage révélerait à coup sûr que ce public serait de plus en plus désabusé et porteur de nombreuses récriminations vis-à-vis de l’administration publique, coupable de tous les défauts d’Israël à ses yeux. Tu as pris la décision d’instruire l’organisation d’une série de formations à l’intention des principaux leaders de l’administration publique; et de proposer une solution à même d’améliorer le climat social au sein des différentes structures étatiques ; et de consolider les acquis en matière de compétence et de performance individuelle » Bien.

 

Ita Faustin,

Cette idée est géniale mais j’ai une autre démarche. On va bien former ces leaders et où en serons-nous quand ils ne seront plus là (retraite, décès, etc.) ? On retournera à la case de départ si on reste là. Ces agents publics qu’on n’hésiterait jamais à décrier avec raison leur mentalité aujourd’hui ne sont que le fruit de notre propre mentalité héritée à la base, au sein de nos familles respectives. Nous (parents), avons carrément démissionné de notre rôle au sein de nos familles respectives. J’habite un quartier populaire, je suis à l’aise pour te dire qu’on peut sillonner tout ce quartier à tout moment et n’importe quel jour, on trouvera difficilement d’enfant en train de réviser ses leçons, on trouvera   aussi difficilement un parent fonctionnaire chez lui à de 17 heures 30. Tout le monde est au bar ou dans des endroits festifs si ce n’est au kiosque de pari sportif et jeux hasard; et les enfants sont abandonnés à eux-mêmes. Zéro éducation et demain dans l’Administration publique ces enfants ne vont que reproduire exactement cette  mentalité de tricherie et d’insoucieuse, des défauts propres aux citoyens sans repères.

S’il te plait renseigne-toi auprès du jeune ministre de la Jeunesse et des Sports et il te dira que le Conseil national de la jeunesse (CNJ-CA, un lieu censé regrouper des futurs cadres du pays) est un panier à crabes, capables de porter la main sur une autorité de la Primature dans l’exercice de ses fonctions. C’est bien ce que des jeunes de ce CNJ ont fait. Je prends cet exemple pour illustrer notre échec collectif, lequel impacte négativement tous les secteurs de notre société commune en commençant par l’administration publique qui te préoccupe tant.

Ita Faustin Archange

Plus choquant encore, c’est ce qui se passe dans de nombreux établissements scolaires (fondamental 1 compris) : des gamines (11, 13, 15 ans) qui viennent à l’école comme si elles allaient en boite de nuit : rouge à lèvres, chaussures haut talon, ongles multicolores, coiffure de star de cinéma et personne (parent comme enseignant) n’est scandalisé. Voilà le grand danger et c’est bien ainsi qu’on cultive dès l’enfance l’irresponsabilité : ce laisser aller  et ce laxisme me font bondir de colère. Je propose qu’on exige aux promoteurs des radios la multiplication des émissions basées sur la causerie éducative, et aussi l’organisation de séries de formation citoyenne de proximité où des adultes et parents viendraient apprendre les notions de citoyenneté responsable (du type kwa ti kodro); après quoi des mesures disciplinaires très fortes à l’encontre des parents irresponsables, démissionnaires vis-à-vis de l’éducation de leurs  enfants. Tu conviens avec moi qu’un enfant qu’on élève dans les règles de l’art est un futur citoyen exemplaire qui, entant qu’agent de l’Etat n’a pas besoin de séances de formation citoyenne pour se mettre au service de son pays.

Par Gilbert G.Mbakop

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