Publié le 04 mars 2024
Lettre ouverte (outre-tombe) de Boganda au chef de l’Etat (n°5)
« Ita Faustin, oui pour la libération du député Yandocka, si et seulement si cela relève exclusivement de ta volonté et non sous la pression des donneurs de leçons… »
Si on est sur la même longueur d’onde, cette lettre est la 5è du genre. Je m’adresse à toi à partir du palais Omnisports. Tristement délabré, ce complexe sportif fait de plus en plus pitié car ses allures ressemblent fort bien à une cour du roi pataud ; il est bien évidemment l’œuvre architecturale des Yougoslaves, il y a une cinquantaine d’années ; et il se trouve que tu es en moment en Serbie (ex Yougoslavie) pour une visite de travail. C’est bien de retourner vers des anciens amis car l’idéal c’est de multiplier les partenaires pour le pays. Je reçois des appels encourageants en masse d’autres lecteurs de plus en plus nombreux; et tous ces derniers relèvent la pertinence de mes idées ; « totalement en décalage avec le climat ambiant de la presse locale », remarquent-ils. Je promets de faire encore mieux pour mériter cette confiance. Je m’entretiens avec toi aujourd’hui sur deux dossiers et non les moindres : le député Yandocka et les accusations grotesques de Washington contre notre pays.
Un député de la nation, en occurrence Dominique Yandocka, est dans les mailles de la justice ; et ce n’est jamais de gaité de cœur de savoir qu’un citoyen, père de famille et de surcroit représentant élu d’une partie du peuple se retrouve en prison. Là n’est vraiment pas le problème. Ce qui me choque c’est bien ces africains à la MINUSCA qui, au lieu de se contenter de leur salaire de pétrolier saoudien dans un pays où plus de la moitié de la population a moins d’un dollar par jour se plaisent à faire un sale boulot: celui de porter à cœur joie la voix de ces donneurs de leçons que sont certaines capitales occidentales… en demandant la libération du député « pour décrisper le climat politique. » marmonnent-ils.
Ita Faustin
L’Afrique du Sud qui a une amère expérience d’apartheid nous rappelle qu’un massacre semblable à celui qu’a connu les Juifs avec Hitler se déroule sous nos yeux en Palestine et ce, depuis plusieurs mois. Que voit-on, qu’entend-t-on de la part de ces maîtres auto-proclamés du monde et donneurs de leçons devant l’Eternel à l’ONU ? Ils jonglent subtilement avec un vocabulaire le plus recherché et moins dérangeant pour bien ménager ces nouveaux croque-morts des temps modernes. Pour eux la libération d’un député dont la vie n’est nullement en danger vaudrait beaucoup plus que les trente mille morts palestiniens en quelques mois. Dégoûtant. Je serais tout heureux comme un enfant qui vient juste de recevoir son premier jouet que tu ordonnes la libération de Dominique Yandocka ; si et seulement si cette décision émane exclusivement de ta volonté et non sous les ordres de ces gens qui ont toujours la paille dans leurs deux gros yeux ; mais voient la brindille dans l’œil de l’autre. Le monde se sentirait un peu mieux quand ces donneurs de leçons vont enfin décider d’œuvrer pour l’arrêt complet de ce jeu de massacre insoutenable des enfants et femmes palestiniens en cours.
Faustin, ita ti mbi,
« Les atrocités commises par le groupe Wagner en Afrique : mensonge et vérité », voilà bien le titre d’un rapport tendancieux qui, dit-on, s’appuie sur des documents confidentiels (sic) que le département d’Etat américain vient de fabriquer et dans lequel il accuse la Russie de s’impliquer dans le secteur minier, en usant de la violence, en mentant à propos des opérations menées par le groupe Wagner dans le pays. Ce même rapport avance mordicus que Wagner n’est qu’un aspect de l’influence déstabilisatrice transnationale en Afrique. »
Pour une accusation tendancieuse, en voilà une que le gouvernent peut vite jeter dans la poubelle du registre de communication géostratégique. Remarque bien que les éléments de langage sont les mêmes qu’utilisent quotidiennement fort bien les médias au service du Quai-d ’Orsay. On dirait même du copié/collé si ce n’est du réchauffé. Ça se passe exactement comme ça chez ces gens-là : ils se mettent toujours ensemble pour intoxiquer, déstabiliser pour finalement s’installer dans la peau de « sauveurs qui apportent de l’aide ». Ils sont toujours sans tâches, du moins croient-ils. Seulement voilà le siècle a changé et c’est fatigant de constater qu’ils s’autorisent toujours tous les droits, tout en nous imposant tous les devoirs… d’obéissance aveugle…
Ita Faustin
Cette même ONU, pour se donner bonne conscience, peut toujours alerter l’opinion sur des entreprises et sociétés militaires privées (donc Bancroft), ça importe peu pour le département d’Etat américain : Bancroft Global Development (déjà annoncée officieusement en Centrafrique par certaines sources), c’est des enfants de cœur, des gentils petits garçons. Heureusement que le ministre Maxime Balalou, sur les antennes de Ndéké Luka n’a pas mâcher les mots. « Sur cette question, nous sommes dans le domaine de la géopolitique. Les Etats-Unis défendent leurs intérêts; lorsque ce sont les intérêts américains, les Etats-Unis ne parlent pas. N’eut été l’apport des instructeurs russes que vous appelez Wagner, ce pays sera déjà enterré. Toute la combinaison de la mafia internationale cherche à réduire ce pays, à le détruire. C’est grâce à ceux-là que ce pays a pu consolider la paix et la sécurité. » Voilà qui est bien dit. A bientôt, ita.
Par Gilbert G. Mbakop
