La nouvelle Constitution centrafricaine ne « plait » pas aux Américains (…)

Nouvelle Constitution (2023). Les États-Unis d’Amérique se trompent d’époque en se moquant de l’intelligence de plus d’un million de Centrafricains

 

Publié le 29 août 2023

Nos parents qui ont versé leur sang pour ce pays avaient un sérieux problème avec la Constitution de 2016, bricolée à la hâte et à dessein pour protéger les intérêts extérieurs au détriment de ceux des centrafricains. Nous étions alors plongés dans une transition politique due à une grave crise donc les conséquences se font encore sentir, une dizaine d’années après.

Avec un courage éprouvé, les autorités actuelles se sont illustrées par une décision grandiose qui va certainement entrer dans les annales de l’histoire politique de ce pays : rendre aux centrafricains leur dignité longtemps ignorée en leur proposant une nouvelle Loi fondamentale prenant en compte toutes les aspirations du peuple. Soumis à référendum le 30 juillet, le projet de la nouvelle Constitution a vu l’adhésion populaire ; les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1.134.953 de centrafricains sur 1.949.390 inscrits sur la liste électorale ont choisi majoritairement et librement le « OUI » lors du scrutin organisé dans des conditions respectant les normes internationales d’élection, comme témoignent tous les observateurs internationaux donc la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Cette volonté des autorités en place de marquer leur passage aux affaires en l’écrivant en lettres d’or : et l’adhésion populaire qui en est suivi ne plait pas à certains. Les Etats-Unis disent « émettre des réserves » quant au scrutin. Libre à eux d’émettre d’autres réserves qu’ils veulent, même sur l’écoulement irréversible de l’eau du fleuve Oubangui ; cela ne compte pas et comptera plus à partir du moment où la RCA est bien en phase avec le nouveau logiciel mondial que propose les BRICS+ (11 pays donc six les plus grands producteurs de pétrole sur les neuf du monde). La Chine, la Russie et tous les autres membres sont des exemples de civilité car ne s’ingèrent pas dans les affaires internes d’autrui. C’est bien cette condescendance coloniale qui pousse des jeunes africains dans la rue avec des pancartes exprimant leur colère « France dégage » « Abat le néocolonialisme ». Ces jeunes ne se feront pas prier pour envahir la rue avec d’autres messages hostile du type « USA dégage ». Ce que nous ne souhaitons pas.

Cette sortie pour le moins fourvoyant de Mathew Miller, Porte-parole du Département d’Etat américain a certainement fait rire les membres du BRICS+, réunis en Afrique du Sud pour leur 15è sommet sous le thème « pour un partenariat pour une croissance mutuellement accélérée, un développement durable et un multilatéralisme inclusif.» Ce thème n’est pas anodin car l’heure est arrivée pour des pays africains de se défaire de l’étau à eux imposé par des pays occidentaux, prisonniers d’un logiciel datant des années 1945, lequel leur donne le droit de régenter éternellement nos vies et choisir comment nous devrions embrasser nos femmes/maris si ce n’est l’exploitation abusive de nos sous-sols. Le cercle des BRICS+ va grandissant, leur siège pour l’Afrique centrale est prévu en RCA avec de nombreux projets de développement dans des secteurs stratégiques comme les mines et l’énergie.  Plus de  60 ans de présence en Centrafrique à travers l’Union européenne et le FMI, quel est le bilan du G7 occidental pour la Centrafrique ? Une douzaine de missions de stabilité de la paix (d’ailleurs introuvable par eux) aux côtés de nombreux coups d’Etat réussis et/ou manqués.

Ce nouveau club des gentlemans a une particularité que les africains apprécient : respect de leur dignité même s’ils sont misérables. Contrairement aux occidentaux, ces membres, pourtant influents en termes économie, sécurité… ne se montrent pas paternalistes et ne mettent pas leur nez dans des affaires privées d’autrui en alimentant des coups d’Etat et autres coups tordus. Le nouveau partenariat que propose les BRICS respectueux des pauvres dans un bref délai a pour but de changer la donne dans la marche du monde en remplacement de ces déclarations semblables à celles d’un riche et arrogant et irrespectueux envers des misérables . La page de la  nouvelle Constitution est bel et bien tournée.

Par Gilbert G. Mbakop

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