Conflit en Ukraine. LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE N’ACCEPTE PAS QU’ON LUI DISE CE QU’ELLE DOIT FAIRE

Pendant son séjour à Washington DC et une semaine après l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre Félix Moloua a profité pour faire le point sur la situation politique dans son pays. Des analystes politiques sont unanimes pour dire que lors de cet évènement, la République centrafricaine a montré aux yeux du monde qu’elle est souveraine quant aux décisions à prendre sur la marche des affaires du monde.
La crise entre la Russie et l’Ukraine occupe bien l’actualité internationale depuis des mois. Pour les occidentaux c’est la Russie le pays agresseur ; ils croient devoir dicter aux autres (comme à cette époque révolue) leur point de vue. Réunie en urgence depuis lundi 10 octobre, l’Assemblée générale des 193 États membres de l’ONU a adopté la résolution condamnant ce qu’elle appelle « annexion » de territoires ukrainiens par Moscou avec 143 voix pour, face à 5 pays contre et 35 qui se sont abstenus. Outre 19 pays africains, 16 autres pays se sont abstenus, dont la Chine, l’Inde et le Pakistan, le Vietnam et Cuba. Cette résolution rédigée en réalité par quelques pays européens mais sous la couverture de l’Union européenne a été présentée par l’Ukraine à l’Assemblée générale de l’ONU. La Russie ayant bien évidemment mis son veto sur un texte similaire présenté au Conseil de sécurité ; jusqu’à un certain temps elle parlait plutôt d’opération militaire. Aucun pays africain n’a cependant voté contre le texte avec lequel les Occidentaux cherchent essentiellement à tout prix à démontrer que Moscou est isolée sur la scène internationale, sept mois après le déclenchement du conflit en Ukraine. Dix-neuf pays africains se sont abstenus, mercredi 12 octobre, de voter à l’Assemblée générale cette résolution condamnant « l’annexion illégale » de territoires ukrainiens par la Russie. Ces pays sont l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Burundi, le Zimbabwe, la Tanzanie, l’Ouganda, le Togo, le Soudan, le Soudan du Sud, la Namibie, le Mozambique, le Mali, le Lesotho, la Guinée, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Swaziland, le Congo- Brazzaville et la Centrafrique.
Cinq pays du continent n’ont pas pris part au vote : Burkina Faso, Cameroun, Guinée équatoriale, Djibouti, Sao Tomé & Principe. En mars dernier, 17 pays africains s’étaient abstenus de voter une résolution condamnant l’agression russe contre l’Ukraine (l’Algérie, l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, Congo- Brazzaville, la Guinée équatoriale, Madagascar, le Mali, le Mozambique, la Namibie, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et le Zimbabwe), un seul pays du continent a voté contre (l’Erythrée) et 8 pays n’ont pas pris part au vote (le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Swaziland, l’Ethiopie, le Cameroun, le Maroc et le Togo). Plusieurs pays du continent auraient changé de position par rapport au conflit russo-ukrainien. Le Sénégal, l’Angola et Madagascar, qui s’étaient abstenus en mars dernier, ont voté en faveur de la résolution condamnant l’annexion des régions ukrainiennes de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson par la Russie.
Djibouti et le Lesotho, qui avaient condamné il y a sept mois l’invasion de l’Ukraine par la Russie, se sont, cette fois-ci, abstenus. Les cinq États qui ont voté contre sont la Russie, la Biélorussie, la Syrie, la Corée du Nord et le Nicaragua. Le vote de Madagascar en faveur de la résolution onusienne condamnant «les annexions illégales» par la Russie de quatre régions ukrainiennes a fait polémique dans le pays Pour avoir engagé son pays, Madagascar, en prenant l’initiative tout seul de voter en faveur de cette résolution, le ministre malgache des Affaires étrangères, Richard Randriamandranto, a été limogé. Beaucoup à Bangui et Bamako apprécient cette décision.