Bozizé dans un piège à Paris

Bozizé dans un piège à Paris

Publié le 02 septembre 2013

Déjà interdit de déclarations à caractère politique, l’ancien chef de l’Etat est surveillé 24 h/24 ;  il subit en fait les foudres de l’aile dure de la classe politique française qui lui reproche d’avoir « envoyé ses partisans prendre d’assaut l’ambassade de France et brûlé le drapeau français » en mars dernier. Dans l’imagerie tropicale, la France et la Centrafrique ont des liens très étroits, exactement comme un médecin qui suit de près son patient de longue date. Tous les bons et/ou mauvais coups qui se déroulent en RCA portent plus ou moins la marque française ; les entreprises et hommes d’affaires de l’hexagone ne sont jamais loin des diamants et autres ressources minières sorties normalement et frauduleusement des terres de ce pays. Et les différents  « secours » de Paris pour soi-disant protéger le pays des multiples crises multiforme et interminables mutineries voire coups d’Etat sanglants ne se comptent plus. Autrement dit les relations entre les deux pays c’est comme dans un couple fait pour le meilleur et le pire.

Après sa chute de François Bozizé a fait le tout de certains pays, en quête d’un refuge tranquille ; au Cameroun où il a d’abord atterrit dès les premières heures de la fuite d’un président renversé par un coup d’Etat, on l’a ensuite aperçu à Kinshasa et Nairobi. Partout où il s’est pointé, il n’a entendu que des reproches au sujet de son manque de clairvoyance politique, laquelle a provoqué la perte de son pouvoir ; le général putschiste a depuis quelques semaines rejoint sa famille en France où il dit haut et fort qu’il n’envisage nullement retourner dans son pays dans l’immédiat. «  Il a la mémoire courte, s’étonne un acteur politique car comment comprendre qu’il ne se souvient plus que ses partisans avaient pris d’assaut l’ambassade de France à Bangui et brûlé le drapeau français en mars dernier ? » ; ce même acteur estime « qu’en allant se réfugier chez François Hollande, l’ancien président commet la deuxième erreur de sa vie politique ». La première erreur c’est bien cette porte de sortie que les Accords de Libreville lui avaient servi sur un plateau à savoir : aller tranquillement au bout de son mandat qui courait jusqu’en 2016 ; mais qu’avait-il fait ? Mal conseillé, mal entouré et aveuglé par des considérations messianiques que professe religion, Bozizé n’avait pas mesuré l’ampleur de la politique de l’autruche qu’il menait. La même source qui avait annonçait son arrivée sur le sol français par Bruxelles avance aussi que l’ancien chef d’Etat et l’un de ses nombreux fils ont subi une agression physique dans les rues de la capitale française où les deux y circulaient à bord d’une grosse cylindré, achetée au nom de son fils Franklin.

Les problèmes de cet homme qui dit avoir quitté l’Afrique de « peur de se faire arrêter et envoyer devant les juges de la Cour pénale internationale » ne font que commencer. Désormais réduit à se montrer discret, les autorités françaises lui ont imposé le silence total et de s’abstenir de toute déclaration politique. En lisant entre les lignes cette injonction impose au moins deux constats : 1) il est désormais hors-jeu sur le plan politique ; et que la Transition ira à son terme, se fera avec des gens qui sont en place (Primature, Conseil national de Transition et présidence), et sans lui  et; 2) les coups d’Etat en Centrafrique c’est terminé une fois pour toute ; et quiconque s’aventure à défier la communauté international va le payer cher…

Par Gilbert G. Mbakop

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *