Le Conseil d’État leur donne raison LE COLLECTIF DES « ADMIS AU CONCOURS DE L’ÉCOLE NATIONALE DES RÉGIES FINANCIÈRES » GAGNE LE PROCÈS CONTRE L’ÉTAT: SES MEMBRES VONT INTÉGRER LA FONCTION PUBLIQUE

« Dans un pays dit démocratique la justice est le dernier rempart pour tout le monde et surtout pour nous les enfants de parents pauvres, n’ayant personne bien placée au sommet de la société. » Ces propos plein d’assurance a pour auteur un Centrafricain et l’un des anciens admis au concours de l’Ecole Nationale des Régies Financières (ENAREF) d’Ouagadougou au Burkina Faso, une école panafricaine qui voit passer en son sein et chaque année des étudiants de différentes nationalités. Ils étaient au nombre de trente-deux à avoir passé un concours régulièrement organisé par l’Etat centrafricain pour aller suivre une formation dans la filière « Régies financières » de plusieurs années à Ouagadougou.
Leur voyage et leur séjour ont été supportés par le gouvernement jusqu’à la fin de leur formation. Certains parmi eux faisaient même partie des plus brillants de leur promotion. Une fois leur formation terminée et suffisamment aguerris, tous rentrent avec la folle envie de servir leur pays, sans douter un seul instant que la misère les attend à Bangui. De retour donc au pays, tous passent par un stage de plusieurs années d’imprégnation au ministère des Finances ; et personne ne leur dit que leur stage n’est pas concluant car leur compétence n’est pas officiellement mise en doute. Après avoir initié les démarches pour leur intégration dans la Fonction publique, l’attente est quasi interminable. Quelques chanceux d’entre eux ayant des couvertures au sommet de l’Etat obtiennent leur numéro matricule, mais la grande majorité n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ils se mettent alors ensemble et forment ainsi une équipe de lésés, appelée à jouer collectif pour bien naturellement défendre leurs droits; ils créent ainsi le « Collectif des Admis au concours de l’Ecole Nationale des Régies Financières ». Jocelyn Doumana est choisi comme leur porte-parole et représentant. Le collectif porte l’affaire en justice, gagne le procès mais leur victoire est de courte durée car avec la pression du ministère de la Fonction publique, le Tribunal administratif les déboute visiblement sur de fausses bases. Ces anciens étudiants persistent dans leur effort et portent cette fois-ci l’affaire au Conseil d’Etat. A l’audience du 04 octobre le Conseil D’Etat leur donne raison en leur rétablissant dans leur droit.
Les décisions de cette juridiction ne sont susceptibles d’aucun recours, sauf s’il y a erreur matérielle ou de révision. Jocelyn Doumana et ses amis ont désormais droit à leur matricule, et ce n’est que justice.
récit: Gilbert G. Mbakop
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