Conflit ouvert LE MAIRE ÉMILE GROS NAKOMBO ET UN CONSEILLER MUNICIPAL S’AFFRONTENT AUTOUR DE 60 MILLIONS

L’accusation est suffisamment grave : certains agents de la municipalité de la capitale et leur patron, Emile Gros Nakombo sont plongés dans l’émoi car la charge portée contre le « boss » est lourde. Hissen Algoni, un Conseiller municipal du 3ème arrondissement, ne passe pas par quatre chemins pour pointer du doigt son chef hiérarchique de malversation financière :
« Le maire Nakombo gère mal la chose publique. Entre avril et mai dernier, au moins 755 boutiquiers ont payé à la mairie, chacun, 50.000 francs CFA. 105 autres commerçants ont versé chacu, 180.000 francs CFA. Au marché « affermé », des opérateurs économiques ont payé 4 millions 100.000 francs CFA. La somme est de 60 millions 750.000 francs CFA. Mais tout cet argent n’est pas versé dans la caisse de la municipalité. Cette collecte de l’argent auprès des commerçants du PK5 sous prétexte de taxes municipales est frauduleuse. Je demande sa démission »
La contre-attaque du maire est à la hauteur de la charge, accusant à son tour Hissein Algoni de « fraudeur et de faussaire ». Belle ambiance en perspective, le combat sera long et va certainement conduire l’un des deux vers la chute. Le patron de la ville ne lâche pas prise «Il ne veut pas que nous allions au KM5 pour prélever les taxes »; « Hissein Algoni poursuit monsieur le Maire, nous fournissait des matériaux de construction. A un moment donné, il produisait de fausses factures. J’ai vérifié et c’était vrai. J’ai donc arrêté ce réseau de fraudeurs. Voilà pourquoi il m’accuse à tort. Il ne veut pas que nous allions au KM5 pour prélever les taxes auprès des commerçants »
Emile Gros Nakombo reçoit pour l’instant un renfort de poids de son collègue, François Badinon, Directeur financier à la Mairie: « Il n’y a pas eu de détournement d’argent des commerçants du PK5. Nous y avons effectué un contrôle parce que cela fait presque 8 ans que nous ne sommes pas allés là-bas. Chaque commerçant devait s’acquitter de 18.000 francs CFA par mois. Si on fait le calcul, chaque commerçant devait payer 216.000. Mais le maire nous a instruit de fixer un montant forfaitaire et c’est pourquoi nous avons fixé ce montant à 50.000 francs » Cette histoire que la justice qui se doit d’intervenir pour identifier qui dit vrai qui dit faux arrive un mois après l’installation du comité de gestion des marchés Mamadou-Mbaïki, KM5-centre et Kokoro. Tout est parti après l’interpellation, en août dernier, du gouvernement à l’Assemblée nationale au sujet de l’insalubrité dans la capitale. Le bon sens voudrait que des enquêteurs cherchent rapidement à connaitre si l’argent collecté dans le cadre du recouvrement annuel des taxes municipales sont bel et bien logé et en totalité dans les caisses de la municipalité.